Mesurer les bénéfices offerts par le design
(Cet article à été initialement rédigé en 2007 sur mon ancien blog. Je le reprends ici car il est encore d’actualité).
Le désir de mesurer les bénéfices offerts par le design est un thème souvent abordé par les designers en ce moment. C’était par exemple l’un des thèmes phares de la conférence internationale organisée par par l’IIID (International Institute for Information Design) et l’AIGA (American Institute of Graphic Arts), du 5 au 7 juillet 2007, à Schwarzenberg en Autriche : ( »Information Design – Achieving Measurable Results »). J’ai laissé un commentaire sur le blog de l’association des Designers Interactifs hier pour poursuivre la réflexion.
Substance de ma réflexion : Je comprends que beaucoup de designers interactifs abordent ce thème, car les réflexions engagées permettrons sûrement de pallier ce dont notre jeune profession souffre le plus : le manque de crédibilité… car il s’agit bien de cela non ? J’ai l’impression que cette obsession de vouloir justifier l’impact du design résulte d’un complexe plutôt que d’une nécessité sectorielle (Il s’agit peut être aussi d’explorer de nouveaux argumentaires commerciaux pour vendre nos prestations, mais là on s’écarte du domaine de la création et du sujet).
Pour avoir suivi les réflexions des uns et des autres sur le sujet, je constate que la plupart des solutions avancées pour permettre l’évaluation du design sont déployées soit pendant les phases de tests d’une interface, soit après analyse d’un temps d’exploitation public, mais toujours très en aval de la conception visuelle.
Chercher à justifier le bénéfice du design après sa réalisation, ça ressemble à l’aveu d’un échec. Pour l’annonceur, ça pourrait (conditionnel) signifier que, dans le meilleur des cas il n’a pas été suffisamment impliqué dans le processus de création, dans le pire des cas que le design n’a pas été conçu comme une traduction en données visuelles des stratégies validées en amont.
Aussi, si l’objectif final de tout cela est en fait de crédibiliser nos actions, peut être faudrait-il en priorité chercher à rationaliser le design lors de sa conception avant de chercher à justifier ses plus values en post réalisation. Non ?
Pour cela, les moyens sont simples et éprouvés. On peut citer par exemple :
- Proposer des processus de production du design phasés négociés en amont avec l’annonceur.
- Proposer une procédure de validation des livrables (idéalement négociée en amont) avec le client/annonceur.
- Proposer une méthode de gestion des demandes de modifications et dérapages (idéalement négociée en amont) avec le client/annonceur.
- Former les designers à la négociation et à la présentation de visuels.
- Etc…
Évidemment je suis très exhaustif…
En conclusion, je dirais que les actions qui tendent à justifiez le design ne se suffisent pas à elles mêmes. Elles prennent sens à partir du moment ou on les considère comme un complément des procédures de rationalisation du design déployées en amont.
Ajouter un commentaire
Je vous invite à prendre connaissance de ma politique de modération avant de rédiger votre message.