Web design : Comment présenter un visuel au client final?
L’enjeu des réunions de présentation
Les prestations de design ne sont pas tout à fait des services comme les autres. Les phases lors desquelles le graphiste (ou l’agence) présente ses créations au client pour observation ou validation, sont souvent des catalyseurs d’émotions. Pour la première fois le client final découvre visuellement, c’est beaucoup plus concret, la proposition commerciale de l’agence ou du graphiste. Il doit comprendre, évaluer la proposition visuelle et ne dispose que d’un temps limité pour ça. C’est une responsabilité d’autant plus difficile à prendre que, parfois (souvent ?), il n’en a pas les compétences. Ces phases imposent souvent aux clients de se reposer sur la confiance qu’ils ont envers le créatif. La situation n’est pas sécurisante. Certains la vivent mal.
Coté créatif, la décharge émotionnelle n’en est pas moindre. Je ne m’étends pas plus sur ce sujet qui n’est pas l’objet de mon article. Les créatifs savent de quoi je parle.
C’est lors de ces phases de présentation de visuels que le graphiste expose son travail, sa personne aussi, au jugement de l’annonceur. C’est aussi lors de ces phases que le prestataire et le client forgent la nature de leur relation humaine et commerciale. S’il y avait un problème subjacent dans le projet il s’exprime en général ici. La présentation de visuel est un jalon critique dans les processus de conception web pour le projet et pour les hommes. Tout ce qui pourra améliorer la manière dont vous gérez ses phases sera bon à prendre. Je vous propose donc de vous arrêter quelques minutes avec moi sur le sujet.
Que vous soyez Chef de projet, commercial, DA, graphiste en agence ou freelance, j’espère que la petite liste de recommandations suivante vous aidera. J’invite les vieux briscards de la présentation de visuels à nous faire part de leurs anecdotes sur le sujet dans les commentaires.
C’est parti.
Avant la réunion de présentation
Conseil N°1: Insérez les réunions de présentation dans le processus global de validation
L’objectif premier, lors de la présentation de visuels reste de les faire valider par le client. Si elles ne répondent pas à sa demande, la réunion de présentation sera le point de départ d’un nouveau cycle de production graphique. Il faut donc organiser les séquences du planning pour que la procédure logique de validation puisse intégrer les éventuelles itérations et retours client.
La séquence de validation idéale est la suivante :
- Vous présentez vos visuels et expliquez votre parti-pris graphique.
- Vous laissez un temps de réflexion au client pour qu’il évalue votre proposition en interne après votre présentation.
- Vous prévoyez avec votre client la date à laquelle il vous fera son retour sur les propositions graphiques. La négociation de ce jalon est importante dans la mesure où elle engage le client à respecter les délais impartis par le planning général de la mission. Avec cette disposition, on se préserve des sempiternels retards de validation qui peuvent vous faire exploser un planning.
- La proposition graphique est validée, dans ce cas le projet passe à la séquence suivante du processus de production. La proposition graphique n’est pas validée, et le retour client permet de nouvelles itérations qui peuvent déboucher sur la réalisation d’autres propositions graphiques. Dans ce cas, on revient au point 1) de la séquence de validation.
Dans cette séquence idéale, le client a un rôle d’écoutant dans les réunions de présentation de visuels. Il est là pour réceptionner votre proposition, même s’il est probable que le temps d’une réunion ne lui suffise pas pour prendre le recul nécessaire et évaluer correctement les propositions. Vous pourrez toutefois prévoir un espace temps à la fin de la réunion pour que le client pose des questions sur le projet, émette un avis, voire qu’il propose des modifications s’il maîtrise les enjeux design du projet.
Conseil N°2: Identifiez vos interlocuteurs
L’évaluation d’une prestation de design demande à la fois une excellente connaissance du contexte de la mission, et des compétences dans des domaines variés. La pertinence d’une prestation de design s’évalue sur des considérations contextuelles marketings, stratégiques, ergonomiques, techniques, et bien sur esthétiques (Je vous laisse compléter la liste). Vous devez vous assurer que les ressources-client présentes lors de la réunion sont les mieux placées pour évaluer votre proposition graphique, et vous assurez que les ressources responsables de la validation du design sont bien présentes également. Il n’est pas toujours possible de savoir qui sera présent lors de la réunion, mais si vous pouvez assister le client final dans le choix de la personne responsable de la validation des compositions graphiques, ce sera évidemment toujours mieux. Attention, plus vous aurez de personnes responsables de l’évaluation ou la validation des compositions graphiques, plus vous aurez de chances de trouver des contradicteurs, ou de générer des conflits d’égos et des luttes de pouvoir chez le client. Selon mon expérience personnelle : trois personnes pour évaluer une composition graphique c’est un le maximum, et une seule personne doit endosser la responsabilité de la validation. Les noms des personnes responsables seront cités dans le plan de projet bien sûr.
Conseil N°3: N’envoyer jamais une composition graphique au client sans explications.
Balancer des captures de compos par mail au client en lui demandant ce qu’il en pense sans plus d’explication sur votre démarche, c’est la chronique d’une mort annoncée. Vous vouliez qu’il prenne à cœur son rôle d’évaluateur ? Vous allez être servi. Non, adoptez plutôt une démarche réfléchie. C’est à vous de présenter votre projet. Vous ne devez pas reporter sur les épaules de votre client la responsabilité de le comprendre seul.
Conseil N°4: Formalisez le concept visuel
La direction artistique est le fruit d’une réflexion logique, c’est la traduction en données visuelles de la stratégie client, elle formalise aussi des solutions visuelles qui répondent aux problématiques client. Ce travail de réflexion réalisé en amont de la conception visuelle est incompressible.
Lors des phases de présentation de visuels, le principal enjeu pour le créatif c’est de transmettre sa vision graphique du projet. Il faut pour cela que cette vision soit claire, et clairement exprimée. Voilà pour le fond, maintenant il y a la forme : Lorsque l’on présente des visuels à un client, les informations sur la vision graphique du projet sont en général transmissent oralement. Cette transmission orale n’est pas toujours suffisante.
Personnellement je formule ma vision graphique du projet par écrit : J’exprime mon parti-pris graphique, je dis quels sont les sentiments et les comportements utilisateurs induits par mes choix. Relatée par écrit, la vision graphique du projet offre un support argumentaire précieux pour les commerciaux. Elle est aussi précieuse pour le client s’il souhaite retrouver après la présentation toutes les infos dont il a besoin sur le positionnement visuel proposé. Je tire suffisamment de bénéfices à cela pour vous inviter à en faire de même.
Conseil N°5: Choisissez qui doit présenter la compo
Idéalement, c’est l’auteur des visuels qui doit les présenter. Il est à l’origine du concept, c’est lui qui a conçu et formalisé la vision graphique du projet, et il sera le mieux placé pour expliquer sa démarche. Certaines agences préfèrent gérer la totalité de la relation client avec des commerciaux, c’est une stratégie à mon avis tout à fait discutable. Chacun son métier.
Si le profil du client le permet, si le contexte de la mission le permet, et si l’expérience du créatif le permet, il vaudra toujours mieux faire intervenir un directeur artistique pour assurer la présentation des visuels. Ici, le rôle d’un DA n’est pas de remplacer le commercial ou le responsable marketing, mais de leur offrir un soutient argumentaire et de crédibiliser la démarche de conception de l’agence.
Conseil N°6: Définissez le contexte de la présentation
La présentation des propositions graphiques de votre agence requière-t-elle la présence physique du créatif ? C’est à évaluer en fonction du contexte de la mission, du profil client et du profil du créatif.
J’en suis persuadé, c’est à l’auteur des visuels qu’il revient de les présenter, mais je ne pense pas que sa présence physique soit requise pour la présentation. Elle peut très bien se faire à distance, par téléphone par exemple. Les réunions de présentation ne sont à priori pas des réunions de conception, et le graphiste n’a pas de rôle de négociation commerciale à jouer sur le projet. Les leviers de persuasion lors des phases de présentations ne sont pas les mêmes que ceux des transactions commerciales. C’est peut-être une déformation professionnelle de commercial que de le penser.
J’ai ainsi pu constater que la présentation de visuels à distance par téléphone, ou par des vidéos de présentation permettait de mieux séquencer les phases de présentation et d’itérations.
Conseil N°7: Préparez votre matériel avant votre présentation
- Prévoyez une bouteille d’eau pour vous éclaircir la voix. Préservez votre dignité en évitant à tout prix les boissons gazeuses (n’est-ce pas Stéphane).
- Assurez-vous que le matériel marche avant de commencer votre élocution.
- Tout doit être prêt et installé avant l’heure prévue de la réunion. Les participants ont autre chose à faire que d’assister à vos préparatifs.
Je pense que vous êtes maintenant parés pour présenter vos visuels.
Pendant la présentation
1) Présentez vous :
Vos clients ont besoin de savoir qui fait quoi sur le projet, et qui endosse les responsabilités respectives des actions engagées. C’est un levier de confiance important pour le client que de comprendre l’organigramme des ressources coté prestataire. Soyez clairs dans la distribution des rôles de votre coté, dites par exemple quel est le périmètre de votre engagement personnel, et quel est votre niveau d’implication dans le travail que vous présentez. Précisez éventuellement vos domaines de compétences personnels. Évidemment en disant cela, je pars du principe que vous avez les compétences requises pour présenter des compositions visuelles. Comme dit précédemment, je ne recommande pas aux agences d’envoyer un chef de projet ou un commercial sans compétence design/ergo présenter des compositions graphiques. Il en va de la crédibilité de l’agence. Si toutefois vous vous trouviez dans cette situation, il vous faudra adapter cette phase, en l’écourtant par exemple.
2) Posez les règles de la réunion
Demandez à ce que les téléphones portables soient éteints, éteignez le votre, et indiquez le temps estimé de votre intervention. Pour la présentation de compositions graphiques personnellement, je m’efforce de ne pas dépasser 30 minutes. Lors des présentations de visuels, les auditeurs ont d’abord un rôle passif qui leur est difficile de tenir plus longtemps. Je prévois ensuite entre 20 minutes et une heure pour d’éventuelles questions et itérations sur les compositions.
Je vous conseille également de privilégier le sens de votre propos plutôt que de chercher à présenter trop de visuels. Trop d’info tue l’info. Il me semble difficile par exemple de présenter plus de 3 visuels par réunion.
3) Reprenez les objectifs de la réunion
Préciser l’objectif principal de la réunion : La présentation de X compositions graphiques dans le contexte Y. Précisez également s’il est prévu de valider les compositions graphique lors de la réunion ou non.
Le temps impartit à la présentation de visuel n’est pas un temps de conception. Le client à d’abord ici un rôle passif d’écoutant. Il est tout à fait possible que les compositions présentées ce jour demandent des modifications, mais la critique de la proposition et les nouvelles itérations qui en découlent ne se feront qu’après la présentation. A vous de voir s’il convient de les faire lors de la même réunion ou pas. C’est à prévoir à l’avance.
Précisez en début de réunion quels sont les objectifs de la présentation permet aussi de garder son fil conducteur. Grace à cette disposition, si vous trouvez que les interventions du client sortent trop du cadre de l’ordre du jour, vous pourrez lui rappeler les objectifs de la séquence, et recadrer les propos sans vexer personne.
4) Dites ce que vous attendez des personnes présentes
Qu’attendez-vous de vos interlocuteurs ? Une écoute passive ? Une participation active ? S’ils doivent intervenir, ce sera à quel moment ? Selon quel procédé ? C’est aussi important pour vous que pour eux de poser le cadre de leur rôle dans la réunion.
Là aussi, si vous avez précisé le rôle de chacun, et si vous trouvez que le client modifie l’objet de la réunion par ses interventions, vous pourrez le recadrer sans heurs.
5) Indiquez le plan de votre présentation.
Pensez à leur faire suivre un plan détaillant les différentes phases de votre intervention. L’avantage est double :
- Il permet à vos auditeurs de mieux suivre le fil de votre intervention
- Il les invite à n’intervenir que dans les temps impartis aux itérations ou aux questions.
6) Revenez sur le contexte de l’intervention
A ce stade, vous n’avez toujours pas dévoilé vos compositions graphiques. Prenez d’abord le soin de revenir sur les données stratégiques et ergonomiques validées en amont du design. Vos interlocuteurs doivent comprendre le cheminement de votre pensée, et d’où elle est issue. Expliquez les contraintes auxquelles vous avez été confronté, elles font partie intégrante du contexte de votre intervention et expliquent en partie vos choix graphiques.
Si les compositions graphiques ont été conçues à partir d’éléments existants, des wireframes par exemple, vous pourrez vous appuyer sur ces documents pour expliquer votre démarche de positionnement visuel.
Si vous avez été amené à interprété graphiquement, peut être de façon arbitraire un élément de l’interface, n’hésitez pas à le dire, et à expliquer votre parti-pris graphique. J’y viens…
7) Exprimez votre parti-pris graphique
On est là au cœur de votre présentation. Vous pouvez enfin dévoiler les compositions graphiques et expliquer la stratégie visuelle mis en place.
- Expliquez dans quelle mesure votre proposition graphique répond aux objectifs du site.
- Expliquez dans quelle mesure votre proposition graphique répond aux attentes utilisateurs.
- Expliquez comment se positionne le design du site dans le contexte visuel de l’entreprise et quel est son positionnement face à l’identité visuelle actuelle de l’entreprise.
- Expliquez quel est le sens premier du message conscient et inconscient transmis par vos compositions, et quels sont les leviers, émotionnels ou rationnels utilisés pour faire passer ce message.
- Expliquez l’impact attendu de votre design sur le comportement des utilisateurs.
- Expliquez l’impact attendu de votre design sur la perception de la marque par les utilisateurs.
- Évidemment, expliquez vos choix de couleurs, de formes, vos choix typographiques, de rythme et de respiration, de contraste, etc. A chaque fois, justifiez ces choix en citant les données stratégiques validés en amont.
- Si c’est pertinent, expliquez le positionnement graphique du site face à des considérations liées à l’accessibilité ou à la lisibilité des contenus.
Il s’agit bien là de faire passer le sens de votre message visuel. Le client doit ici avoir compris votre vision graphique du projet. Assurez-vous-en.
8) Laissez au client un espace d’expression
Après le temps de la présentation, lors duquel le client à écouté passivement votre proposition, laissez lui à son tour un espace d’expression. Il doit pouvoir poser des questions s’il en a, émettre des critiques ou seulement vous faire part de son impression première.
Vous n’aurez pas forcement le temps d’évaluer la pertinence des remarques émises, ou la matière nécessaire pour répondre aux questions posées. Dans ce cas, relevez les questions pour y répondre plus tard.
Ce temps d’expression du client est important : Il vous permet de mesurer le niveau de compréhension du projet et de votre proposition par le client. S’il demande des modifications sur les compositions, assurez-vous que cet espace devienne un temps de construction, et pas de déconstruction.
9) Soignez vos supports de présentation
Je ne m’étends pas trop sur le sujet parce que je prépare un article sur ce thème. Disons que dans l’ensemble, vous devez vous efforcer de « garder le contact » avec votre auditoire, et vous le ferez en travaillant la forme de votre présentation autant qu’avec le fond.
Utilisez les supports les plus adaptés au profil de votre auditoire. Ca peut être des slides, une vidéo de présentation, des user cases. N’hésitez pas à scénariser vos interventions, c’est tellement plus efficace de faire passer le sens d’un message lorsque la forme du discours retient l’attention de l’auditoire.
Après la présentation
Laissez vos supports de présentation en consultation. Laissez votre argumentaire graphique à disposition. Le client doit pouvoir retrouver plus tard le fil de votre intervention. C’est primordial s’il doit valider les compositions en interne après votre présentation.
Précisez aussi où en est le processus de conception du design. Envisagez éventuellement les actions à venir.
Pour conclure, j’ai conscience de ne parler ici que de processus. L’organisation ne fait pas tout dans ces phases de transactions avec le client. Le facteur humain est évidemment primordial. Je n’aborde pas ici le volet des compétences et des qualités personnelles nécessaires pour réussir ces présentations : Savoir formuler et transmettre un message à un groupe, savoir capter et retenir son attention, développer sa force de persuasion, son charisme et le capital-confiance du client sont autant de puissants leviers pour réussir ses présentations.
Si vous souhaitez aborder ces sujets dans les commentaires, je vous suivrai. C’est à vous.
1. Le samedi 7 novembre 2009 à 21h29, par Juliana
Excellent article. Merci
2. Le samedi 7 novembre 2009 à 21h34, par Remy Langlois
Très bon article. Tu aurais pu détailler un peu plus quels sont les supports que tu utilises pour tes présentations. En tout cas tout cela va bien m’aider.
3. Le samedi 7 novembre 2009 à 23h07, par CUT HERE
Très bon article (de fond, de plus en plus rare sur la toile). Mais quelques remarques suite à ma (jeune) expérience en agence
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AVANT
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Conseil 1 : « Dans cette séquence idéale, le client a un rôle d’écoutant dans les réunions de présentation de visuels »
>> les clients que j’ai eu étaient souvent pour la majorité acteur, limite ils faisaient des psd à la va vite avec le discours : je veux ça (je ne peux citer le client pour rester pro…)
Conseil 2 : « trois personnes pour évaluer une composition graphique c’est un le maximum, et une seule personne doit endosser la responsabilité de la validation. Les noms des personnes responsables seront cités dans le plan de projet bien sûr. »
>> Autant dans des agences comme Nurun ou les process sont présent, tu peux arriver à avoir cela dans le plan de projet, autant dans des agences de communication, c’est impossible (déja tu n’as pas de plan de projet :) )
Conseil 3
>> Oh que oui c’est important, même en charrette, il faut le faire.
Conseil 4
>> si tous les DA faisaient comme toi. Cela m’agace quand un DA m’envoie ses JPG et démerde toi.
Conseil 5 et 6
>> le problème c’est le temps, les réunions prennent souvent du temps et tellement inintéressante pour la plupart. C’est le problème en France je trouve, pas assez efficace, on passe la moitié du temps à parler autre chose que de la production, et c’est là le problème quand ce sont des commerciaux ou chef de projet pas à l’aise avec les créations, on flatte le client pour qu’il achète. Ce n’est pas ma vision du métier mais c’est celle que j’ai constaté à mon niveau
Conseil 7
>> Cela dépend si tu te déplaces chez le client ou non. J’ai vu des présentations se finir dans la salle parfois juste le temps de flatter le client ^^. Les rythmes rock n roll.
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PENDANT
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Je ne vais pas reprendre tous les conseils. Je suis simplement d’accord sur tout (ou presque :p). Reste que la démarche de présentation de la créa et du parti pris reste souvent évasif et laisser au seul juge : on regarde surtout la réaction du client et on adapte « Houla oui évidemment on va changer cela ». C’est un peu de la prostitution. C’est donc le problème quand un commercial présente le travail du DA, ce qui l’intéresse est de boucler rapidement pour rester dans ses marges liées au devis et c’est là toute la blague : en disant oui à tout au client, on perd de l’argent et le DA se retrouve à avoir une création finale loin de ce qu’il souhaitait faire, imposer son esprit. On a donc des DA qui finissent par connaitres les attentes client et faire à chaque fois ce qui plait au client. On se retrouve donc avec aucun parti fort, aucune véritable originalité dans les compositions.
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APRES
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Oui, tu t’orientes plus vers la partie management et commerciale mais ça reste un facteur important pour garder la main face au client et savoir imposer au client un parti pris. Au début je n’arrivais pas à m’imposer, puis après on y arrive, on connait le projet, on a réfléchi dessus et suivi le processus de production. Je parle pour le chef de projet (s’il fait correctement son job). Pas souvent le cas du commercial.
Reste que certains clients sont capables (enfin j’en ai rencontré un, le pire de tous et ce n’est pas dans le luxe :) ) d’écraser toute une team et au final, nous ne sommes plus que des prostituées. Mais évidemment, tous les clients ne sont pas ainsi. Mais par contre, avoir un seul intervenant qui valide coté client semble bien difficile dans certaines agences, ainsi que maitriser la démarche du DA pour l’expliquer au client. Et je ne te parle pas des intervenants (toujours en agence) qui bloquent le DA (on a donc un directeur de création, un boss, un commercial et parfois le chef de projet). Tout ça amène souvent à de piètres réalisations (enfin c’est propre mais sans vraiment d’originalité, on fait efficace pour plaire au client). C’est bien pour ça que la majorité des créations originales proviennent souvent de petit studio ou agence (avec un certain talent) que de grosses agences bloquées dans dans leur propre système.
Cet avis est évidemment propre à mon expérience et j’y mets quelques réserves. Mais je me fie aussi aux expériences d’amis dans d’autres agences.
4. Le dimanche 8 novembre 2009 à 10h23, par Laurent DEMONTIERS
@Juliana et @Remy Langlois : Merci pour vos encouragements. Je serai heureux de vous avoir transmis un peu d’expérience métier.
@CUT HERE : Merci pour ton riche retour d’expérience de Chef de projet. En fait, initialement mon article était destiné aux non-professionnels de la conception visuelle qui sont amenés à présenter des visuels à la place des DA. C’est donc très intéressant d’avoir ton point de vue sur le sujet. Tu relates très bien les problèmes de gestion de clientèle auxquelles sont logiquement confrontés les Chefs de projets, mais aussi parfois les DA en agence.
Mon article traite principalement de méthodes théoriques, mais tu as tout à fait raison, le vecteur humain est prédominant dans la gestion de clientèle. On n’empêchera jamais un client de chercher à déstabiliser les équipes de son prestataire pour pouvoir mieux négocier ses prix derrière. J’ai quelques idées d’articles justement sur les techniques de négo, les techniques de communication et de persuasion destinées aux DA et Chefs de projets qui devraient relayer ton propos. Ces techniques devraient être maîtrisées par les Chefs de projets et les DA, ça n’est souvent pas le cas, faute de formation.
Parmi les problèmes chez les agences que tu soulèves indirectement, je retiens les points suivants :
- Elles n’ont pas assez de ressources pour clairement répartir les rôles et les rôles de ne sont assez segmentés : Un chef de projet n’est pas un commercial, un commercial n’est pas un DA, un DA n’est ni un commercial ni un Chef de projet.
- Les ressources sont souvent jeunes, et bien que performantes sur la partie technique de leur métier, manquent souvent de bouteille pour ce qui est de gérer la relation humaine avec le client. Personnellement, j’hallucine de savoir que des agences majeures envoient des Chefs de projet de 20 ans gérer des projets grands comptes, surtout si c’est pour présenter du design sans l’aide d’un DA, face à des ressources-annonceurs qui souvent sont des vieux briscards de la négo. Là, je ne donne pas cher de sa peau.
- Les agences n’investissent pas dans la formation de leurs ressources, alors que les phases de présentation de visuels sont des phases cruciales dans le processus de production et la relation client. Elles doivent permettre aux DA de progresser dans ce domaine et décharger les Chefs de projet et les commerciaux de tout ce qui touche au design. J’invoque juste là le bon sens et les bases de la gestion des ressources humaines.
Puisse que tu travailles maintenant à Toronto, tu vas certainement pouvoir expérimenter des processus de production web plus « américanisés ». Tu vas voir, les rôles sont beaucoup plus segmentés, les créatifs sont plus crédibles et respectés aux yeux des annonceurs. Les budgets annonceurs sont en général plus importants et le confort de travail des créatifs est un peu plus assuré. Si tu souhaites nous faire un retour d’expérience sur les différences entre les agences françaises et canadiennes, n’hésite pas. Et encore merci pour ton commentaire, tu m’as donné plein d’idée d’articles.
5. Le dimanche 8 novembre 2009 à 13h50, par DJwire
Je trouve vos conseils tous judicieux. J’ai vécu la plupart des situations que vous décrivez, sauf celle de la boisson gazeuse ! :-)
Je suis chez de projet junior et parfois j’hésite à emmener les graphistes chez le client parce qu’ils ne sont pas toujours, hum, présentables :-)
C’est plus simple de gérer la relation client seul plutôt qu’avec un graphiste qui s’engueule avec le client parce qu’il n’aime pas ses comps !
Je d’accord aussi pour me former à la présentation de design, mais ce n’est pas sûr que ça passe avec mon employeur. Carpe diem !
6. Le dimanche 8 novembre 2009 à 14h27, par Jacques Bodin-Hullin
Article vraiment intéressant, même pour moi qui ne suis pas du tout dans le graphisme.
7. Le dimanche 8 novembre 2009 à 18h22, par pixenjoy
Merci Laurent pour ce partage d’expérience issu de tes nombreuses années d’expériences.
Comme tu le dis si justement en fin d’article, il ne suffit pas d’avoir un processus bien établie pour savoir présenter ses compositions, il faut aussi travailler ses capacités à communiquer, persuader et animer une présentation orale.
Maintenant que la méthode est clairement définie, à nous d’essayer de mettre la mettre en application.
8. Le mercredi 11 novembre 2009 à 14h09, par Fanette
Je n’en suis pas encore là mais je prends bonne note.
Merci beaucoup, j’attends la suite avec impatience!
9. Le lundi 16 novembre 2009 à 18h02, par JohnJohn
Article très intéressant, merci, j’ai pris des notes !
Je travaille dans une petite agence (10aine de personnes) qui se veut motoriste internet, je suis chargé du webdesign et de l’intégration xhtml/css, et il est vrai que pour ce qui est des designs de sites, je n’ai pas l’occasion de rencontrer les clients ou de fournir des explications aux chefs de projets ou commerciaux. Je vais proposer de le faire à l’avenir, car j’ai l’impression de fournir quelque chose sans valeur à ne transmettre que des jpg…
10. Le vendredi 20 novembre 2009 à 10h39, par pierre
Une bonne partie de vos conseils sont à appliquer de manière générale lors d’une présentation client, que ce soit pour des visuels ou d’autres étapes d’un site Internet. Psychologie, aptitude à communiquer, maîtrise de son auditoire et du temps, support de présentation, etc.
Je reconnais que le graphisme demande plus de « psychologie » que la présentation des choix techniques de la BDD du futur site Internet.
Je ne présente jamais des visuels sans être présent ou en ligne au téléphone. Si possible j’aime les ouvrir à l’écran devant le client, me placer derrière lui, ne rien dire et attendre 20/25 secondes. Rien que son comportement durant ces premières secondes (avec ou sans souris), si il me pose une question rapidement ou pas sont des indicateurs de son ressenti. Au bout de ces 20/25 secondes, j’interviens et démarre l’échange.
Je pense que ces 20/25 premières secondes vont être la base du futur échange et il faut être capable d’adapter son parti pris graphique, son argumentaire prévu à ce que l’on a constaté durant ces quelques secondes.
11. Le vendredi 20 novembre 2009 à 19h21, par Laurent DEMONTIERS
@pierre : On a tous des aptitudes différentes. Si vous avez la faculté de déceler en 20/25 secondes la manière dont vos clients perçoivent vos compos c’est l’idéal. Si vous avez la faculté d’orienter votre explication en fonction des impressions de vos clients, c’est encore mieux. J’aimerai arriver à ce niveau de connivence avec mes clients et la même intuition que vous. Ce sont des pratiques que vous avez travaillé?
12. Le vendredi 20 novembre 2009 à 21h11, par pierre
@Laurent.
Oui c’est un retour d’expérience.
Mon commentaire s’ajoute au contenu de votre billet ctd que j’utilise déjà beaucoup de ce que vous décrivez, simplement je précise une de mes aptitudes sur cette problématique. Ce n’est pas de la connivence ou un « don » particulier, juste une façon de faire qui me renseigne sur la façon d’engager la présentation.
Cf votre conseil n°2, savoir à qui on à faire est important.
Mes clients sont des TPE/PME, leurs dirigeants ont souvent un rapport « affectif » avec le graphisme. Ce n’est pas la même relation que entre une agence et une grande entreprise. Un interlocuteur rompu aux négociations avec les prestataires sera beaucoup plus difficile à jauger en 20/25 secondes, j’en convient.
13. Le mercredi 16 décembre 2009 à 10h23, par Georges@Bitbol
Très intéressant et bien synthétiser.
14. Le samedi 24 avril 2010 à 10h03, par Deexit
Bravo, une bonne analyse du terrain et un document riche en conseils… A lire et à relire !
15. Le dimanche 19 décembre 2010 à 19h46, par bhobia
This really good info here interesting, thank you very much.
16. Le vendredi 8 avril 2011 à 17h30, par pixluser
Merci pour ses précieuses informations !!
17. Le vendredi 8 juillet 2011 à 00h25, par Olivier
Merci beaucoup ! cela va me servir dès demain !!!
18. Le dimanche 13 mai 2012 à 21h55, par Graphismeo
Bonjour, merci pour cet article exhaustif de qualité sur ce sujet qui est bien trop peu traité…
Je me permets de vous proposer un article relatif que j’ai traité sur mon blog http://www.graphismeo.com/tutoriaux/8-astuces-validation-visuels
Il s’agit de 8 astuces pour faire valider ses créations auprès de ses clients.
Je vous invite également à faire découvrir votre article sur mon blog si cela vous dit.
Amicalement,
Cédric