Et si graphistes et intégrateurs travaillaient enfin ensembles?
Je m’efforce de ne jamais rentrer dans les polémiques. Elles nuisent aux débats d’idées. Et ces temps-ci je constate avec un peu d’amertume que se multiplient les articles et les coups de gueules dans la blogosphère sur un thème de conception qui m’est cher : L’interaction entre le travail des designers et celui des intégrateurs en conception web. Ce sujet m’est cher parce que c’est majoritairement le travail de ces deux ressources qui va conditionner la réussite d’une interface, voir la réussite d’un projet onscreen tout entier.
Donc au fil de mes lectures je tombe de plus en plus souvent sur des suppliques d’intégrateurs qui râlent contre les designers et je trouve aussi des designers pour honnir les intégrateurs. Les uns et les autres s’accusant mutuellement de se coller des contraintes de conception lourdes et étalent leur frustration sans borne. Il en ressort un climat délétère et regrettable sur certains projets, où les uns et les autres se suspectent de nuire à l’intégrité du projet avant même qu’il ait débuté.
Je trouve cette polémique stérile.
Des interactions Design/intégration inévitables
Les concessions sont le lot quotidien de tous les concepteurs. Le design contraint forcement l’intégration, de façon corollaire les considérations liées à l’intégration, à la sémantique ou à l’accessibilité contraignent le design. C’est un fait. Tous les concepteurs web sont confrontés à ça et c’est totalement inhérent aux processus de conception.
D’autre part, parce que les compétences des graphistes et des intégrateurs sont de plus en plus distinctes, les itérations et les interactions entre les designers et les intégrateurs vont devenir de plus en plus fréquentes et nécessaires.
Avec l’avènement des interfaces riches, l’évolution d’HTML, de CSS, l’omniprésence de JavaScript dans les interfaces et l’obligation de gérer l’affichage des données aussi bien coté serveur que client, les personnes initialement formées au design graphique ne peuvent plus revendiquer un bon niveau en intégration. Alors qu’il y a 5 ou 6 ans un designer pouvait aborder HTML et CSS après quelques mois d’efforts, le niveau requit aujourd’hui pour intégrer à un niveau professionnel est assimilable à de l’ingénierie, c’est-à-dire inabordable pour un autodidacte improvisé. Aujourd’hui je ne connais aucun graphiste qui manipule Ajax et le DOM sur le bout des doigts.
Pour les intégrateurs de formation (devrait-on dire les développeurs frontend ?) le design n’est pas plus abordable. L’expérience et la pratique requise pour créer des éléments ou des univers visuels de niveau professionnels demande des années de pratique, une expertise en ergonomie, en marketing, en communication, peut être aussi culture sociologique et psychologique qui ne s’improvise pas. Chacun son métier. Du reste si les designers s’autorisaient parfois à réaliser quelques prestations d’intégration, il a toujours été beaucoup plus rare de voir un intégrateur se lancer dans le design. Dans ce cas l’inexpérience est beaucoup plus visible et ne passe généralement pas le barrage de la validation client.
Il est de plus en plus difficile voir impossible pour une même personne de revendiquer les deux compétences. Le schisme entre les intégrateurs et les graphistes est de plus en plus marqué, donc la nécessité pour les uns de bien interagir avec les autres devient indispensable. Dans les faits, l’inévitable séparation des compétences est de plus en plus flagrante, elle s’accentue avec l’évolution du média et celle de ses technologies. Chacun se concentre donc sur ce qu’il sait faire, c’est naturel et préférable.
Selon moi c’est justement parce que ces profils sont de plus en plus dissociés, parce que ces taches sont de plus en plus réalisées par des personnes différentes, voire par des départements différents, qu’il va falloir adapter les processus de production du passé pour favoriser les échanges entre ces profils.
Réviser les processus habituels de conception
Le schéma de conception séquentielle traditionnellement mis en place dans les agences (Conception ergonomique > puis conception des compos graphiques > puis intégration) fonctionne tant que les designers et les ergonomes maitrisent les contraintes techniques du support de diffusion. Aujourd’hui ça n’est plus le cas et c’est bien pour cela que les concertations entre designers et intégrateurs sont nécessaires. Evidemment, plus ces concertations arriveront tôt dans le processus de conception, moins il y aura d’allers/Retours entre le design et l’intégration.
Intégrez que la conception frontent ne se fait pas de façon séquentielle ! Les A/R entre les designers et les intégrateurs font partie du processus normal de conception.
Toutes les autres disciplines de conception appliquées (design produits, architecture, etc) ont intégré ces problématiques et digéré ces questions. Alors on s’y met quand dans le web?
1. Le mercredi 28 avril 2010 à 16h57, par Nicodiz
Voici un article qui mérite une réponse constructive ^^
La question mérite d’être posé en effet, mais je crois que ces débats seront stériles tant que l’on opposera telle corporation à telle autre… Je vais me faire l’avocat du diable des intégrateurs puisque c’est mon métier.
Pour rebondir sur un premier point on ne dit pas développeur front end pour un intégrateur. Cette tentative de re-définition est infondée car l’intégrateur n’est ni un développeur ni un graphiste. C’est un métier à part. D’ailleurs l’intégrateur est aussi soumis aux contraintes des développeurs et aux outils qu’ils mettent en place pour générer le code d’un front.
Il faut donc avoir une vision plus globale des choses pour qu’elles avancent. Avant le lancement d’un projet, graphistes, développeurs, intégrateurs et fonctionnels doivent se réunir autour d’une table pour exposer leurs contraintes et pour valider un projet. Si cette étape n’est pas respectée tout le monde se rejettera la faute sur les incohérences d’un projet.
Ayant l’habitude de travailler avec tout ce petit monde depuis des années (sans parler des référenceurs, des commerciaux, des photographes, des chefs de projet…et j’en oublie) je sais combien il est difficile de travailler ensemble et c’est une problématique passionnante qui donnent un peu de piquant à ces fonctions.
2. Le mercredi 28 avril 2010 à 17h08, par Bruno Bichet
« parce que les compétences des graphistes et des intégrateurs sont de plus en plus distinctes, les itérations et les interactions entre les designers et les intégrateurs vont devenir de plus en plus fréquentes et nécessaires. »
Je pense au contraire qu’il y a de plus en plus de graphistes et d’intégrateurs qui possèdent une double compétence : des graphistes qui se mettent au webdesign (donc plus ou moins capable d’intégrer tout ou partie de leur créations) et des intégrateurs à tendance webdesigner capables d’utiliser illustrator ou photoshop (capable d’intervenir sur tout ou partie d’un brief créatif).
Alors du coup, quand on tombe sur des gens qui veulent rester dans leur tour d’ivoire et qui semblent y prendre du plaisir, c’est agaçant (sans plus, hein, faut pas non plus exagérer). La qualité des interactions entre les deux « mondes » dépend de l’aménagement des espaces de travail et surtout de la bonne volonté des uns et des autres ;)
3. Le mercredi 28 avril 2010 à 17h10, par Laurent DEMONTIERS
@Nicodiz > Bonjour et merci pour ton commentaire. C’est appréciable d’avoir l’avis d’un inté. Cet article est le premier d’une série sur les relations intés/designers en fait. Les points que tu abordes sont en cours de rédaction.
Sinon, 100% d’accord avec toi, la prod ne s’arrête pas aux relations graphistes /intés. Les autres ressources affectent tout autant le projet. Je te laisse imaginer combien le marketing, la force de vente, les photographes, les rédacteurs ou même le clients affectent le design et parfois le contraignent.
4. Le mercredi 28 avril 2010 à 17h23, par Laurent DEMONTIERS
En fait Bruno, j’ai l’impression que cette question (les designers doivent-ils savoir intégrer?) est récurrente depuis le début du web. Je me souviens avoir participer à des débats très agités sur la question il y a bien 10 ans au sein de mon ancienne boite.
Je suis d’accord avec toi, beaucoup de designers ont tenté d’acquérir la double compétence en se mettant à l’inté (l’inverse est moins vraie). Si je regarde la façon dont les agences organisent leurs ressources depuis quelques temps, je constate que les designers qui se sont mis à l’inté au début de CSS2 ont été contraints de s’y mettre à fond pour faire des choses correctes, puis de laisser peut à peut tomber le design faute de temps (les agences manquant cruellement de bons intés).
A mon avis, un type qui sort de 5 ans d’études et 3 ans d’expérience pro en design graphique aujourd’hui n’aura jamais le temps de se mettre à CSS2, CSS3, HTML5, AJAX, et comprendre comment fonctionne le DOM ….
Inversement le type qui passe 50h /semaine depuis ces 3 dernières années à faire de l’inté en agence ne reviendra pas vers le design. Il sera tout autant largué par le manque de pratique.
Pour moi il n’est pas possible d’être bon dans ces deux disciplines de plus en plus différente et qui demande chacune de plus en plus de compétences et d’XP, surtout sur les gros projets ou les rôles sont forcement plus segmentés. Ensuite, on est bien d’accord, dans les petites agences, ou chez les indés, beaucoup bricolent un peu de tout, mais bon… jamais vraiment correctement, ou alors sur des petits projets très simples à mettre en place.
Perso je ne connais personne capable de créer une BD éditable chez Vent d’Ouest d’une part et capable d’intégrer un panier avec des requêtes serveurs et du JS partout le soir.
5. Le mercredi 28 avril 2010 à 17h49, par bruno bichet
Je me suis mal exprimé. Je suis d’accord sur le fait qu’on ne peut pas tout faire correctement, etc. Par contre, je trouve important que tout les intervenants (pas seulement les techos et les créas) partagent une culture commune à propos du web. Ça serait déjà un bon début. Après, reste à déterminer le contenu de cette culture commune et là le chantier est vaste.
6. Le mercredi 28 avril 2010 à 17h58, par Laurent DEMONTIERS
ha oui là, on est 100% d’accord sur cette histoire de culture. Pour revenir aux designers, s’ils ne sont pas sensés développer ils sont sensés maitriser totalement les contraintes du media, du support ou des navigateurs destinés à lire ce qu’ils produisent. Si toutes les contraintes en sont pas maitrisables, il faut imaginer des procédures ou des itérations pour que le designers et les intés fassent ensembles du bon travail, quitte à faire des A/R.
Oui, le chantier est vaste, et en plus il évolue tous les jours :-)
7. Le mercredi 28 avril 2010 à 18h10, par Auré
Hello Laurent,
sympa ce petit article.
Je te rejoins sur le fait qu’un graphiste qui ne fait que du graphisme toute la journée sera surement bien plus efficace qu’un webdesigner qui propose une créa web.
De la même manière, un intégrateur qui ne fait que de l’intégration sera surement plus efficace qu’un webdesigner qui intègre.
Mais si l’on se place côté client, cette solution d’utiliser : un graphiste , peut-être un ergonome, puis un intégrateur puis une équipe de développeurs sera surement assez onéreuse non ?
Peut-être ce même client préfèrera t’il opter pour une solution un petit peu moins « parfaite » , moins « élitiste » mais très certainement moins chère.
Exemple : s’offrir les services d’un webdesigner qui se chargera de la partie de créa et de l’intégration en y apportant en plus une expertise sur la partie de conception web. (ok on est dans un cas assez précis de projet web)
Etant webdesigner, je t’avoue avoir eu un peu de mal à me situer dans cet article…tu parle de graphistes, designers, intégrateurs, développeurs mais pas des webdesigners qui se situent peut-être justement au carrefour des compétences ?
Pour finir, 100% d’accord avec toi sur le fait qu’on ne perdra jamais à trop communiquer alors que l’inverse est assurément catastrophique pour le bon déroulement d’un projet. Plus on multiplie les intervenants, plus la com’ devient un sujet primordial.
Bon je vais m’arrêter là hein… En tous cas j’ai eu plaisir à te lire, une fois de plus, et j’attends avec impatience la suite…
8. Le mercredi 28 avril 2010 à 18h14, par Nicodiz
Je ne serais pas surpris d’ailleurs que d’ici quelques mois, de nouveaux métier apparaissent… Ce qui risque à terme de compliquer encore plus la chose. N’avons pas parlé ici (mais peut être est-ce en cours) de la multiplication des supports de diffusion d’un front web. Soit les compétences et surtout expériences des uns et des autres se verront démultipliées, soit ces nouveaux supports verront des techniciens capables de les maitriser correctement, mais avant que cela n’arrive ce sont les gens en poste actuellement qui devront d’en charger.
Il y a donc la nécessité pour chaque corporation de cesser de se regarder le nombril et de rejeter la faute sur les autres. D’avoir une excellente culture du web, d’être curieux et de faire preuve d’ouverture. Ces qualités si elles sont ignorées conduisent à l’echec d’un projet.
9. Le mercredi 28 avril 2010 à 18h17, par Xavier
Bonsoir Laurent,
Ton nouvel article jette un nouveau pavé dans la marre sur la dissociation des deux métiers. Et je te rejoins à 100% sur le fait qu’il doit y avoir deux personnes bien distinctes à ces postes. Il est difficile d’être exigent dans son métier si l’on doit savoir tout faire.
Graphistes et intégrateurs doivent savoir mettre leurs orgueils de coté et savoir apprendre l’un de l’autre. En tant qu’intégrateur, j’aime investir le graphiste dans le déroulement de l’intégration. C’est avant tout sa maquette et il doit être satisfait de la mise place de celle-ci. De son coté, celui-ci n’hésite pas à me solliciter afin de valider la faisabilité de certaines parties et anticiper les possibles horreurs rédactionnelles du client.
Certes les A/R sont plus nombreux et il faut libérer du temps sur les deux postes mais il est préférable que les questions se posent en amont qu’une fois le développement fini.
10. Le mercredi 28 avril 2010 à 20h09, par Jacques Bodin-Hullin
Article très intéressant Laurent !
J’ai envie de réagir avec mon avis personnel sur intégrateur, designer et développeur.
Pour moi le designer est aussi intégrateur. Mais pas au sens métier du terme, mais bien au niveau des connaissances.
Un designer (de métier bien sûr) sait (bien souvent) quels sont les problèmes liés à l’intégration. Il le sait car il connait les langages utilisés, au moins de façon succincte, et il sait ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas. En ce sens, le designer est aussi là pour faire des maquettes (web) intégrables. Pas forcément facilement, mais celles-ci ne doivent comporter aucune partie non réalisable durant l’intégration.
De même un intégrateur est aussi designer dans le simple fait de savoir se servir des outils que les graphistes utilisent (Photoshop, Illustrator, etc).
Un intégrateur a besoin de connaître ces outils pour pouvoir retoucher certains éléments de la maquette (proprement bien sûr et dans le respect du travail effectué).
La découpe du design n’est pas toujours une chose facile. Le designer, bien qu’ayant conscience des contraintes techniques et des solutions adéquates, n’a pas forcément en tête la structure HTML d’une page en regardant sa maquette. C’est à l’intégrateur de faire coïncider la maquette et le HTML. Seulement pour ça il faut ruser de temps en temps, et à un moment où à un autre il faudra mettre les mains dans Photoshop. L’intégrateur doit donc avoir des compétences (limitées) en webdesign.
Je parle exactement ici de la culture commune évoquée par Bruno.
Sur la même voie, un développeur peut ne pas être intégrateur du tout. Certains sont bien plus aptes à pondre du code PHP (ou autre, c’est un débat à part) qu’à intégrer une maquette sur un projet. L’inverse est vrai aussi, un intégrateur peut ne pas être développeur.
Chez les indépendants en revanche ces deux métiers se rejoignent bien souvent, et c’est là que je rejoins Auré, sur le fait que c’est parfois le client qui veut ça.
Maintenant, à chacun sa spécialité j’ai envie de dire… Et c’est sans doute ça qui fait que les A/R entre graphiste et intégrateur sont nécessaires (sauf peut-être sur les petits projets). Le designer doit voir avec l’intégrateur si tel ou tel point de la maquette sont intégrables. De la même manière l’intégrateur doit avoir un oeil attentif sur la conception/réalisation du design pour pouvoir signaler un problème rapidement.
Pour moi les A/R se font essentiellement par validation. Le designer fait quelque chose (ébauche le plus souvent au début) et demande à l’intégrateur de valider la faisabilité de la chose. A partir de là chacun sait ce qu’il doit faire et pourquoi il ne doit pas faire autrement.
Dans les futurs métiers dont parle Nicodiz on voit arriver les développeurs/intégrateurs spécialisés dans les applications mobiles (par exemple). D’ailleurs ceux-ci font appel à des graphistes dont ça n’est sans doute pas le coeur de métier. Les itérations entre ces deux ressources deviennent donc nécessaires et primordiales pour mener à bien les projets.
La culture commune est existante dans le web car comme tu l’as dit les technologies (HTML, CSS…) sont là depuis des années mais le « chantier est vaste ». Il devient difficile pour un designer d’apprendre les contraintes de tous les supports tellement ça évolue vite.
Aux intégrateurs et aux designers de travailler main dans la main ! :)
11. Le mercredi 28 avril 2010 à 23h27, par Laurent DEMONTIERS
@Auré > Comme je ne fais vraiment que du design onscreen depuis des lustres, quand je parle de graphiste ou de designers je pense à ceux que tu appelles web designers. C’est disons une déformation professionnelle. Sur le fond on est d’accord, je sépare bien les graphistes print, les flash designers, les illustrateurs, (etc) et les (web)designers.
@Nicodiz > Moi aussi je pense que des desigenrs ou des inté vont se spécialiser dans la conception d’interfaces propriétaire. On a bien actuellement des Flash designers, des graphistes et des intés qui se spécialisent dans les interfaces Iphone ou Androîd. On peut facilement imaginer que demain, d’autres revendiquent la spécialité Ipad, ou autres interfaces tactiles… et pourquoi pas à l’avenir se spécialiser dans les interfaces projetées, des interfaces hologrammiques….
Le vrai enjeu pour les dev, les intés et les graphistes c’est de produire des interfaces portables sur plusieurs supports différents, voire compatibles avec tous. C’était d’ailleurs le sens d’XML, d’HTML5. Le vrai casse tête il est là surtout.
@Jacques Bodin-Hullin>Super pertinent comme d’hab.
12. Le jeudi 29 avril 2010 à 06h01, par Christophe Verdot
C’est plutôt intéressant mais si je suis ce raisonnement, étant donné que je pratique les 2, intégration et design, alors je dois en déduire que je bricole plus qu’autre chose, ce qui me gêne un peu mais c’est peu être vrai finalement.
Cependant je travail pour des agences assez sérieuse, des grands comptes etc et quand je vois comment bossent leurs intégrateurs j’ai pas peur de dire que je bosse largement plus proprement et correctement qu’eux…
Je ne maitrise pas l’ajax et le dom sur le bout des doigts c’est certain mais pour moi ajax / dom c’est déjà le travail du dev et non plus de l’intégrateur et pour la majorité de mes clients il en est ainsi également… je ne parle bien sur pas de js de base pour des menu rollover ou slider photos ou la oui je m’en occupe, je parle de vrai dev ajax on est daccord…
Je pense que tout dépends pour qui on bosse, je fais les deux et j’ai beaucoup de travail dans les deux, tous mes clients sont satisfaits de mes intégrations et donc même si j’ai pas le niveau d’un cador dans le domaine, étant donné qu’il y a une bonne partie de rigolo dont c’est sensé être le métier principal, et bien il se trouve que j’arrive à en tirer mon épingle du jeu à ce niveau que je qualifierai d’intermédiaire mais qui correspond à mon avis à 50% des projets web tout de même.
13. Le jeudi 29 avril 2010 à 09h27, par Laurent DEMONTIERS
arf Christophe, c’est vrai que le terme « bricolage » était très mal choisi, désolé si tu t’es senti blessé. Cet article traite des relations Designers/intés, sur les projets ou il y a les deux ressources. Il y a aussi evidemment des projets ou c’est la même personne qui fait à la fois le design et l’inté, mais ces projets ont en général une physionomie différente.
Sinon, toi, parce que je connais ton travail, je trouve que tu es un peu un cas particulier. Tu fais partie des personnes « rares » qui maitrisent le webdesign et l’intégration de façon suffisante pour assurer à mort sur des sites d’infos, des sites plaquettes ou de petites opé marketing en ligne sans développement fonctionnels lourds. Encore une fois tu as raison, les projets de ce type sont majoritaires.
En fait, j’ai encore en tête une intervention de Daniel Glazman au ParisWeb 2009 (Je crois que c’est celle-là > http://www.dailymotion.com/video/xbd0nx_un-seul-web-daniel-glazman-paris-we_tech ) dans laquelle il dit que 99% des intégrateurs parlent de CSS sans réellement avoir comprit le sens le la cascade (ouch). Son point de vu, c’est celui de quelqu’un qui conçoit et fait évoluer HTML et CSS, donc évidemment c’est assez élitiste voire utopiste, mais ça traduit bien l’autre fossé qu’il y a entre la masse majoritaire des intégrateurs et ceux qui développent vraiment ces languages de façon sémantique. Il me revient aussi la phrase d’un ami inté en agence depuis 8 ans (top niveau) qui me faisait part de la révolution que ça serait dans le secteur de l’inté si ceux qu’il appellent les « vrais développeurs » s’y mettaient.
Attention, je ne dis pas ça pour lancer une polémique sur les « vrais » et les « faux intés », n’oubliez pas que mon propos initial, c’est de réconcilier les graphistes et les intés, donc pas de dérapages ni de HS dans les commentaires please :-)
14. Le jeudi 29 avril 2010 à 13h35, par chok
Bonjour,
Je suis d’accord avec cet article, mais cette phrase m’a un peu gêné : » le niveau requit aujourd’hui pour intégrer à un niveau professionnel est assimilable à de l’ingénierie, c’est-à-dire inabordable pour un autodidacte improvisé. », moi j’ai tout apprit en autodidacte (tutoriaux, livres) et je compte bien me lancé dans cette branche en tant que pro…
15. Le jeudi 29 avril 2010 à 14h13, par Laurent DEMONTIERS
chok > Je me suis mal exprimé dans mon article. Le sens de mon propos, c’est de dire que l’intégration c’est un vrai métier qui demande un investissement à plein temps, et qu’un professionnel du webdesigner déjà en exercice n’aura jamais le temps de se former à l’inté et de la pratiquer à un niveau pro en plus de son activité de graphiste. C’est plus clair?
Pour les gens comme toi qui souhaitent se lancer dans l’inté et ne faire que ça, il n’y a pas de pb. Je n’ai rien contre l’auto didactisme non plus, au contraire je l’encourage. Dans nos professions il faut se former tous les jours et les formations dispensées sont de toutes façon obsolètes avant même de sortir.
16. Le jeudi 29 avril 2010 à 14h45, par Francis
Je rejoins largement l’avis de Bruno. Je ne suis pas convaincu que les métiers de web designers et d’intégrateurs vont sur des chemins opposés, et CSS3 en est sûrement le meilleur exemple qu’il va falloir suivre dans les prochains mois et années. Avec tout ce que ça permet, le web designer va forcément mettre un pied dans l’intégration. Je dis un pied parce qu’il ne va pas forcément faire l’intégration mais parce qu’il va déjà la penser en faisant sa maquette. D’ailleurs, pour moi c’est un minimum. On avait eu la discussion sur mon blog sur le fait de savoir si le web designer devait savoir coder et les avis étaient plutôt de dire que OUI, malgré certaines personnes issues du print qui estimaient que ce n’était pas nécessaire…
Je rejoins aussi également le commentaire de Jacques en disant que de plus en plus de designers connaissent les bases des HTML/CSS/JS et que de plus en plus d’intégrateurs connaissent Photoshop, Illustrator ou Fireworks. C’est là où pour moi les choses vont dans le même sens, le bon sens et que la culture web commune est en train de se mettre en place. Encore là, je ne suis pas d’accord sur le fait que chaque métier va dans des directions opposées.
Enfin, il y a une petite phrase qui m’a géné dans un de tes commentaires:
« Perso je ne connais personne capable de créer une BD éditable chez Vent d’Ouest d’une part et capable d’intégrer un panier avec des requêtes serveurs et du JS partout le soir. »
J’ose espérer que pour toi un web designer est bien plus qu’un simple illustrateur !! ;-)
PS: Ca serait bien d’utiliser Subscribe To Comments sur ton blog pour que chacun puisse suivre la discussion et y répondre directement via son email !! :P
17. Le jeudi 29 avril 2010 à 14h51, par chok
Ok, je comprend beaucoup mieux.
18. Le samedi 1 mai 2010 à 16h23, par Christophe Verdot
Pas de soucis et je n’étais pas vexé mais c’est vrai que pour moi le terme bricoler était mal employé car il y a différent type de projet, je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il y a plusieurs niveau en intégration, il y a un niveau expert et je pense être à un niveau intermédiaire qui colle à une bonne partie des projets web jusqu’à un certain niveau sans pour autant bricoler mais je suis tout à fait daccord, sur des projets plus conséquent et complexe je n’aurai très certainement pas le niveau.
Le tout étant de savoir ou on se situe et bien sur de ne pas se lancer dans un projet dont on à pas le niveau requis ;)
Je pense que le gros problème c’est que le web en France c’est encore un peu un domaine de « branleur » dans le sens ou franchement quand on voit la qualité d’intégrations réalisées par des agences pourtant assez réputées ou l’intégration de gros sites de grand comptes, c’est bien la preuve que l’intégration, l’accessibilité, l’optimisation etc c’est encore loin d’être pris vraiment au sérieux…
En fait je suis loin d’avoir le niveau d’un expert en intégration mais comme peu d’intégrateur respecte vraiment les règles et bossent proprement, du coup le niveau est un peu faussé, je veux dire par la qu’on peut difficilement se caler sur le niveau des experts vu que mes les sites qui devraient être réalisés par eux ne le sont que très rarement…
Rien que l’exemple des sprite CSS, utilisés par certains site sérieux à fort trafic, ce procédé permet de limiter les requêtes et optimiser grandement le site, bien sur ce n’est pas adapté à tout type de site mais je le dis clairement, aucun de mes clients (web agency) ne connait ça, même quand c’est adapté j’ose même pas en faire car ils sont capable de me dire que ça ne va pas que c’est pas de l’intégration etc…
Pour moi le soucis vient vraiment du manque de sérieux dans le domaine… du moins à mon niveau de client, peu être que c’est plus clean avec des clients d’un niveau dessus mais cela je ne les touches pas encore malheureusement ;)
19. Le samedi 1 mai 2010 à 17h23, par Laurent DEMONTIERS
ok, on oublie le terme bricoler :-)
Sinon, je constate moi aussi que certaines grosses agences privilégient le commercial et la rentabilité à la qualité. Comme le client n’y comprend rien en inté, on rogne dessus, quitte à tout intégrer en table du moment que ça marche (déjà vu).
Les agences t’appellent pour faire le design + inté sur les même projets ou seulement pour l’une ou l’autre des 2 disciplines?
20. Le lundi 10 mai 2010 à 17h37, par jeromeM
Bonjour,
Ce qui est rude pour un designer c’est de représenter l’invisible (c’est à dire l’intéractivité) et le prototypage HTML/CSS/Javascript peut-être une bonne chose pour faire évoluer son projet d’un point de vu design. Dans ce cas (d’accord on parle ici de gros projets) les AR entre le designer et l’intégrateur sont alors nombreux et fatigants. On peut alors imaginer une personne avec les deux casquettes… ensuite il faut le trouver et là c’est une autre histoire.
21. Le jeudi 13 mai 2010 à 08h46, par Christophe Verdot
Désolé 10 jours plus tard mais j’étais à Singapore :D
En fait on fait appel à moi pour les 3, design uniquement, intégration uniquement ou les 2, et je dois même dire qu’on ne m’a encore jamais fait la moindre réflexion sur mes intégrations livrées, ce qui est plutôt mauvais signe car je sais pertinemment que j’ai pas le niveau d’un intégrateur expert et donc ça veut simplement dire que l’intégration, à un certain niveau en tout cas, tout le monde s’en fou royalement … j’ai fais des truc pour des clients que je ne nommerais pas mais de grandes marque de cosmétiques, de parfums etc et bien faut voir les intégrations qu’ils me livrent… car parfois on m’envoie aussi des intégrations à « nettoyer » en gros des trucs fais avec les pieds ou il faut tout recaler et ils n’y arrivent pas en interne… ça laisse supposer le niveau interne qui doit donc superviser les livrables…
22. Le jeudi 13 mai 2010 à 09h54, par Laurent DEMONTIERS
Je pense qu’on sera tous à peut prêt d’accord sur le fait que les agences font appel aux indés pour pallier deux situations:
1) soit l’agence est une coquille vide sans pôle de production. Ici le design et l’intégration sont évalués par un commercial ou un marketeux. Au besoin je te confirme le manque de considération de ces personnes pour tout ce qui concerne la production. Ici la rentabilité passera toujours avant la qualité. Dans cette situation le prestataire externe, qu’il soit intégrateur ou designer aura bien du mal à trouver un interlocuteur compétent pour répondre à ses questions dans l’agence. Je ne parle même pas d’instaurer une méthode de travail commune entre des designers externes et des intégrateurs externes eux aussi puisqu’ils ne se croisent jamais. Parfois même le prestataire inté n’est même pas défini lorsque commence la phase de design. Tu dois connaitre ce genre d’agences aussi.
2) soit l’agence intègre un pôle production mais sollicite un indé pour répondre à un besoin ponctuel par manque de ressources. Ici le design et l’inté sont évalués en coup de vent par quelqu’un du métier avec qui il est possible (quand il en prend le temps) de s’entendre sur une méthode de travail, des moyens de communication et un brief crédible. Pour un designer externe, c’est en général plus facilitant de pourvoir travailler avec des gens issu de la prod et qui connaissent le métier. D’un autre coté, les projets sous-traités à l’externe sont toujours ceux que l’agence a fait le choix de ne pas traiter en interne, donc des projets peu stratégiques ou pas intéressants (projet compliqué, appel d’offre avec un fort risque d’échec, projets peu prestigieux….). D’une manière générale, on peut considérer qu’un projet sous-traité par une agence n’est jamais prioritaire parmi ses projet en cours, et l’objectif est généralement d’y investir le moins de temps possible. Ici le manque de disponibilité de l’agence ne facilite pas le travail de l’externe qui doit souvent se démerder pour produire sans infos. Au final ici aussi c’est difficile d’instaurer un dialogue designer/inté et de poser des méthodes de travail communes.
Plus j’observe la situation plus je me dis que les intégrateurs auraient tout à fait les moyens de travailler ensembles pour produire des choses de qualité, mais que l’organisation des agences et leur objectifs de rentabilité empeche toute tentative de faire les choses dans la concertation avec des méthodes commune.
23. Le dimanche 16 mai 2010 à 10h37, par Jacques Bodin-Hullin
Laurent, sur ton second point intervient une autre facette. Prends une agence qui a les ressources nécessaires, mais qui voit l’indé comme une solution de secours, pas (forcément) pour les petits projets mais bien pour les projets qui arrivent du jour au lendemain et qui n’étaient pas prévus.
Dans ce cas l’agence a deux solution :
1/ Elle dégage un autre projet et le refile à l’indé (je rejoins parfaitement ton point, car dans ce cas le projet qui vient d’arriver est sans doute un gros truc que l’agence se réserve).
2/ Elle refile le projet qui vient d’arriver à l’indé. Mais sur ce choix en repose un autre. Si le projet est petit et sans importance ça ne coûtera pas bien cher de le refiler à un indé. Vient ensuite le cas où le projet est important et là vu que nous ne sommes pas dans la solution 1/, l’agence choisit donc de le refiler à l’indé pour une raison : le temps. Un indé sera bien plus à même de finir une mission où le temps manque. Il pourra bosser le WE et le soir (avec un prix adapté bien sûr). Et sur ce point l’agence est gagnante car elle se donne la possibilité de terminer un gros projet dans les temps, donc elle facture plus cher (puisque le délais est serré), donc elle peut se permettre de payer un indé un peu plus cher, et elle y gagne en notoriété.
Aux agences aussi de savoir utiliser les ressources qu’elles ont à leur disposition pour mener à bien une mission. Après on distingue plein d’agences différentes, et là c’est le bordel :-)
24. Le samedi 22 janvier 2011 à 01h00, par Thibaut
Quelque chose d’assez simple : faire intervenir l’intégrateur en phase amont, dès le zonning. Pourquoi ce n’est pas toujours fait : ça coûte du temps d’intégrateur.