Typekit, Adobe, @font-face et le marché de la typographie
Vous n’êtes certainement pas passé à coté de l’annonce du partenariat entre Adobe et TypeKit. L’article est ici : http://blog.typekit.com/2010/08/16/typekit-and-adobe/. Cette annonce à été grandement diffusée sur Twitter et j’ai impression qu’elle à été perçue comme quelque chose de positif.
C’est vrai que la propriété CSS3 @font-face à ouvert des perspectives à la fois aux graphistes mais aussi à tous les acteurs de la chaine de production onscreen. La solution semble acceptable pour les aficionados de l’intégration, de la sémantique et de l’accessibilité. A part l’utilisation obligatoire de JavaScript qui en rebute encore certains, la solution semble adoptée par beaucoup de gens. J’en veux pour preuve son acceptation quasi unanime par l’ensemble des concepteurs de gabarits et l’abandon immédiat de solution de remplacement comme SiFR, Cufón ou autres.
Pour ce qui me concerne, en tant que Designer, ma responsabilité c’est d’offrir aux annonceurs un « Droit à la cohérence ». Partant du principe que ce qui fait l’efficacité d’un positionnement visuel, c’est avant tout la cohérence graphique entre les différents supports de la marque, je suis plutôt enthousiaste à l’idée de voir le taux d’adoption de la propriété @font-face. Lorsque les titrages des supports print d’un annonceur sont tous en Myriad, de pouvoir utiliser la même Police pour les articles de son site web de façon accessible et sémantique me semble plutôt une belle avancée. Merci Adobe et TypeKit, la cohérence visuelle de la marque est respectée, son identité visuelle n’en sera que plus cohérente, perceptible et efficace.
A premier abord, je me réjouis donc de l’apparition de services commerciaux comme TypeKit qui permettent l’utilisation des fontes Adobe en rémunérant l’éditeur. L’offre commerciale de TypeKit est intelligente parce que contextuelle, elle répond au besoin immédiat des éditeurs et créé eux-mêmes les conditions d’un nouveau marché. Mais ne vous y trompez pas, leur démarche n’a rien à voir avec le désir de faire avancer un web ouvert, ni avec la défense du Droit d’auteur. Maintenant on peut aussi s’intéresser aux conséquences de l’apparition de ces nouveaux intermédiaires dans la distribution des polices, à cette évolution du marché de la création et de l’édition de Polices, et à ce que cela implique pour les éditeurs et créateurs du secteur.
Adobe et TypeKit sont dans un bateau
Les fontes Adobe sont disponibles chez TypeKit, oui, mais à quel prix ? Réponse : 99 US$… et avec ça on peut utiliser toutes les fontes du catalogue pendant un an, sur autant de sites qu’on le souhaite et dans une limite de 1,000,000 pages vues par mois.
… Hum …
Bon déjà, je remarque que le prix de cette licence c’est écroulée de 150% en 6 mois. Oui, si je me base sur la capture d’écran de l’article d’Aurélien (http://all-for-design.com/typographie/typekit) le prix de cette même licence en Janvier dernier était de 249,99 US$.
Un tel écroulement des tarifs n’est pas anodin. Comment des éditeurs comme FontFont ou Larabie Fonts ont acceptés de passer d’un prix de vente moyen de 350$ pour l’utilisation d’une fonte à un prix de vente client de 99$ de l’ensemble de leur catalogue commission de TypeKit incluse?
Parallèlement à cela, d’autres sites comme FontSquirrel ou Fondeck proposent déjà gratuitement des services très similaires à ceux de TypeKit. A ce rythme qu’en sera-t-il des prix du secteur dans 1 ou 2 ans ?
Je ne suis pas un spécialiste du marché de la Typo mais là, vraiment, que ce passe-t-il ? Qu’est-ce qui justifie un tel écroulement des prix en 6 mois et qu’est-ce que ça nous prépare pour l’avenir ?
Les intérêts des éditeurs, et ceux des créateurs
Chez Adobe, ce ne sont pas des philanthropes et ça fait longtemps qu’ils n’ont plus à prouver leurs capacités à gérer des licences. Je devine leur position : L’arrivée de @font-face permet aux concepteurs de sites d’utiliser potentiellement les fontes issues de leur catalogue, et ils ne souhaitent pas passer à coté des dividendes normalement perçu pour ces diffusions. A défaut de toucher les mêmes dividendes qu’avant sur l’utilisation des fontes de leur catalogue, ils tentent de limiter les dégâts et signet le deal. Le partenariat avec TypeKit est certainement vécu par la plupart des éditeurs comme un dernier rempart pour préserver un semblant de rémunération avant l’ouverture de la boite de pandore (l’utilisation de @font-face et l’hébergement des fontes sur les serveurs des concepteurs sans passer par la case « paiement des droits »).
Je résume la proposition de TypeKit aux éditeurs : « nous vous offrons, moyennant une commission, la possibilité de brader votre catalogue à ceux qui voudront bien continuer payer. Ce sera toujours mieux que de laisser tous le monde utiliser vos fontes gratos ». L’ai-je bien résumé ?
De mon point de vue, le service proposé par TypeKit c’est juste de l’hébergement sécurisé et des statistiques sur l’utilisation des polices. Au final ça n’est pas grand-chose, Adobe avait largement les moyens de développer un procédé identique. Je m’étonne qu’ils ne l’aient pas fait. Il faut croire que le marché de la Fonte n’est pas une priorité pour eux, ni un enjeu commercial.
J’entends les éditeurs partenaires de TypeKit vanter les mérites du service. Gardons quand même à l’esprit que les clients de TypeKit sont volontaires, et que dans leur grande majorité les concepteurs s’ils ont avec @font-face la possibilité d’utiliser gratuitement des fontes en louzdé ne se priveront pas. Rien ne les en empêchera en tout cas. Le système proposé par TypeKit s’arrête là ; la brèche ouverte par @font-face et le problème des éditeurs et des créateurs n’est pas résolu, il juste passablement colmaté avec un Malabar.
Quelques remarques sur TypeKit
TypeKit se positionne comme un diffuseur intermédiaire. Avec les multiples partenariats qu’elle à signé avec les éditeurs, la société à la capacité de jouer sur les flux, c’est-à-dire de réduire ses marges et de se rattraper sur le volume des ventes pour faire son chiffre d’affaire. Ce genre de politique tire toujours les prix vers le bas. On devine aussi que les éditeurs partenaires ont acceptés ces conditions de rétrocession, à mon sens pour ne pas disparaître avec l’arrivée de @font-face. Il va falloir s’attendre à un écroulement des prix des polices et de la valeur quelles représentent dans les mois à venir, sur TypeKit et ailleurs. Le processus est déjà largement entamé.
TypeKit n’est pas créateur de Polices, ils vendent les licences de toutes les fontes de leurs éditeurs au même prix. Pour le consommateur, le prix final d’une police ne tient plus compte, ni du temps de sa création, ni de sa qualité, ni de la « cote » de son créateur, ni du fait quelle ait été déjà rentabilisée ou non. Tous les vecteurs qui justifiaient le prix d’une fonte ou la différence de prix entre une fonte et une autre n’existent plus. En clair : On vend tout au prix le plus bas possible, le meilleur au prix du moins bon.
Avec des prix aussi bas, TypeKit ne pourra pas rémunérer les créateurs contemporains de Polices originales. Les créateurs sont gentils mais quand on ne les paie pas, ils se barrent. Ces starlettes ont prit la sale habitude de revendiquer des besoins : manger, payer un loyer, faire vivre une famille.
Conclusion : TypeKit à terme ne distribuera que des fontes déjà archi rentabilisées commercialement et issues de gros éditeurs comme Adobe. Ne comptez pas sur le système TypeKit pour valoriser et développer la création typographique.
Remarques sur le marché
Les éditeurs sont normalement là pour garantir aux créateurs une rémunération proportionnelle à la vente de leurs œuvres (si, je vous jure). Avec le système de prix fixes au ras des pâquerettes de TypeKit, il est clair que les éditeurs ne garantiront plus rien du tout aux créateurs. S’ils en sont à tenter de préserver un semblant de bénéfice sur l’exploitation de leur catalogue existant il est clair que l’intérêt des auteurs passera après (comment ça, c’est déjà le cas ?).
Ce qui me dérange un peu personnellement, c’est que les petites fonderies indépendantes, celles qui sont encore gérées par des créateurs de Polices et qui ont jusqu’à présent toujours participé à l’avancée de la recherche dans cette discipline ne trouveront pas ni en TypeKit ni en @font-face une solution viable. Ce sont eux pourtant qui représentent l’avenir de la création typographique alors que les gros éditeurs comme Adobe ne font « que » gérer un catalogue existant.
Quelques prévisions pour l’avenir
- Je prévois une grande fête du slip dans laquelle les Polices seront utilisées sans vergogne par une majorité de concepteurs de site : « On ne va pas embêter notre gentil client avec cette histoire de droits d’auteur n’est-ce pas ? ». Les grands gagnants de cette histoire seront les avocats. Si la gestion des droits d’auteur passe aussi par l’engagement d’actions amiables ou en justice pour toucher sa rémunération les auteurs passeront par là. L’arrivé de @Font-face est une véritable aubaine pour tous les juristes spécialisés en Droit d’auteur
- Action/réaction : Prévoyez l’apparition de sociétés qui proposeront des solutions de protection par marquages des fontes pour facilité le travail des avocats.
- L’arrivée sur TypeKit de fontes d’excellente qualité comme celles du catalogue Adobe va encore réduire le secteur de la création de fonte sur mesure. L’écart de prix entre une fonte conçue sur mesure et l’utilisation d’une fonte issue du catalogue s’agrandi de plus ne plus. Il va être de plus en plus difficile de vendre du « sur mesure ».
- Les procédures d’achats chez les gros annonceurs sont toujours compliquées. Le renouvellement automatique du paiement de la licence proposé par TypeKit va gonfler pas mal d’annonceurs. J’imagine mal le service comptabilité de RENAULT, PEUGEOT ou TOYOTA penser chaque année à renouveler le paiement de 99 € à TypeKit pour poursuivre l’affichage de la Myriad sur le site. Le système de paiement de TypeKit devrait devenir forfaitaire rapidement. De 99€/an, on va rapidement passer à 99€ sans limite de durée.
- Apres FontSquirrel et FontDeck, j’annonce l’apparition d’autres solutions gratuites concurrentes de TypeKit. TypeKit pour se défendre de cette concurrence gratuite devrait multiplier les clauses d’exclusivité avec ses partenaires éditeurs et fondeurs. Actuellement certaines fontes comme la Tangerine de Toshi Omagari vendues sur TypeKit sont disponibles gratuitement sur FontSquirrel : http://www.fontsquirrel.com/fonts/Tangerine. Si TypeKit ne possède pas l’exclusivité sur les meilleurs catalogues de Polices son modèle économique ne tiendra pas.
- Je prévois une baisse très significative de la création de nouvelles fontes. Les créateurs faute de rémunération devraient s’orienter vers des secteurs plus rémunérateurs.
Bha, au final il n’y a rien de nouveau sous les étoiles. Le marché évolue, il faut évoluer avec lui. Vous en pensez quoi de tout çà vous?
1. Le mardi 17 août 2010 à 21h42, par Shnalla
Salut,
Tout d’abord, je trouve ton article extrême interessant, même si il est orienté en faveur des fondeurs.
En effet, si l’on se met à la place d’un indépendant ou d’une petite structure, disposer d’un plus grand nombre de polices est une aubaine. Là ou je rejoins ton avis, c’est que cette offre naissante qui va très certainement connaître une croissance éclaire (comme on a l’habitude sur internet) se fait au détriement de certaines valeurs…
J’en deviens schizophrène car ça me pause un problème éthique de savoir que toutes ces solutions qui me rendent bien service vont abîmer un milieu assez fragile.
2. Le mardi 17 août 2010 à 22h01, par Laurent DEMONTIERS
Shnalla, je suis exactement dans la même situation que toi. Je constate et participe en même temps à l’évolution du marché de la typo. Si on est en train d’assister à l’extinction des fonderies indépendantes j’y participe autant que toi pour avoir moi aussi utilisé les services de TypeKit ou refourgué une fonte sans que mon client n’en paie les droits. J’ai aussi déjà acheté des photos chez les éditeurs d’images à 1€ et très probablement aussi déjà acheté des vêtements fabriqués par un enfant chinois. L’important c’est de s’en rendre compte pour changer son comportement le plus souvent possible.
J’utilise aussi des fontes gratuites et je vois bien que la plupart des annonceurs n’ont pas de budget pour les sources à inclure dans leurs supports de communication (fonts, images, illustrations, icones… ). On a encore beaucoup de travail à faire pour faire reconnaitre le droit des créateurs à demander une rémunération pour leur travail et son utilisation.
3. Le jeudi 19 août 2010 à 18h59, par Francis
Bon, je suis désolé mais je vais devoir remettre certaines choses à leur place !! ^^
Tout d’abord Typekit n’est pas $99 pour tout le monde. Tu as également d’autres offres dont une gratuite. Ce qui veut dire que tu peux très bien utiliser les polices de la bibliothèque Typekit pour rien. Pas toutes, mais déjà une partie intéressante. Ensuite, Font Squirrel ne propose que des polices gratuites, un peu comme le fait Dafont, ça n’apporte pas grand chose de nouveau. Enfin, FontDeck est payant. Tu paies une licence annuelle par police et par site. Au final, c’est une solution meilleure que Typekit parce qu’elle n’utilise pas de Javascript mais de l’autre côté, ça te revient rapidement plus cher.
A noter enfin la solution Fontfont qui permet d’acheter une licence par police, mais il faut payer en fonction du nombre de pages vues. Ce qui est aberrant vu qu’un graphiste print ne va pas acheter une licence et la payer au nombre de livres vendus !! ^^
Là où il y a problème c’est comment rétrocéder tout ça au client. A vrai dire y a pas encore vraiment de solution. L’idéal serait d’acheter une licence pour une police, comme le propose FontFont et d’en rester là. A la limite, ça pourrait être une licence par site et puis on la rétrocède au client. La police est installée sur le serveur. S’il ne touche à rien, il ne se passera rien.
C’est un peu le souci de Typekit. Tu ne peux pas vraiment rétrocéder la licence vu que tu as un abonnement pour tous tes clients. Ensuite, si un jour tu décides d’arrêter ou de ne plus payer, le client perd ses jolies polices sur son site. Non, même si j’utilise Typekit aujourd’hui sur certains projets, ce n’est pas la meilleure solution. Pourquoi j’utilise Typekit ? Parce que c’est le seul endroit aujourd’hui où l’on peut trouver la plupart des polices « à la mode » avec une licence qui tient la route et aussi avec des versions de polices qui sont repensées par les fondeurs pour les soucis d’aliasing sur Windows. Et Typekit a de très bons réusltats à ce niveau-là. Ils mettent à jour les polices sans que tu te rendes compte de quoi que ce soit.
Ensuite, je ne suis pas trop d’accord sur le fait que les petits fondeurs vont se retrouver dans la merde. D’après ce que j’ai pu lire ces dernières semaines, font-face est plutôt une très belle opportunité pour eux pour gagner plus d’argent. Ca peut paraître paradoxale mais il y a des fonderies comme Exljbris où le gars, Jos je ne sais plus comment à quitter son job de journée pour passer en full time type designer parce que l’ouverture du web lui donne de nouvelles opportunités. Et aujourd’hui, il est sur Typekit. Et ce n’est pas une grosse boîte comme Adobe. Il y a de la place pour ceux qui créent de belles choses en tout cas.
Ensuite ( encore un « ensuite » ^^ ), le problème des polices sur le web, c’est un peu comme les DRM dans la musique ou les ebooks. C’est un marché qui évolue et où il faut que les fonderies évoluent. Hors, certaines proposent encore des licences par ordinateur, et pour un prix exhorbitant. Et personnellement, contrairement à toi, je ne vois pas trop les prix chuter. Je paies toujours le même prix aujourd’hui qu’il y a 4 ans, c’est-à-dire entre 50 et 200 euros la licence. On voit arriver quelques solutions Open Source comme The league of Moveable Type, mais c’est encore trop marginal.
Cela dit, beaucoup de web designers s’accordent à dire que les polices sont trop chères… Même si de l’autre côté, on compte environ 1000 type designers dans le monde qui vivent de leur passion… Je ne sais pas si tu te rends compte, c’est que dalle !! ^^ C’est vraiment pas beaucoup… Donc, pour eux, le print sera toujours là pour sauver les meubles et ils peuvent toujours avoir une opportunité de créer une licence web en WOFF et EOT pour être présents sur le web.
Maintenant, rien n’est parfait et il n’y a pas de solution parfaite pour le moment. C’est pour ça que Typekit a du succès. Mais dès que le système va évoluer et qu’on pourra enfin acheter des licences classiques pour le web, la donne changera. D’ailleurs, à ce sujet là, Ascender Fonts le propose déjà et c’est très positif, mais ils ne sont pas encore trop nombreux.
Enfin bref, oui c’est un marché très fragile, très petit, 1000 designers !! ;-) Mais je ne suis pas sûr qu’il faille voir l’arrivée de services comme Typekit de manière négative. Déjà parce qu’il y a de petites fonderies qui y participent, tout comme chez FontDeck d’ailleurs, mais aussi parce que c’est le métier qui évolue et que le type designer sait qu’il doit évoluer en même temps.
J’espère que j’ai été assez clair… :-/ Ce n’est pas un sujet facile ni évident… ;-)
4. Le jeudi 19 août 2010 à 21h55, par Missa Bold
Bonjour
Je suis webmaster et pour ce qui me concerne, je ne rendrai jamais mes clients dépendants d’un service externe comme typekit ou autre. Qu’il soit payant ou pas. Moi aussi je vois mal mes clients accepter de payer un abonnement à ce genre de service tous les ans.
Ensuite on a aucune garantie que les fontes seront encore disponibles chez eux dans 6 mois. On ne sait rien des contrats signés entre les fonderies et tipekit. Si ça se trouve, ils limitent l’exploitation des fontes par tipekit à 6 mois. Que se passera t-il si des fontes sortent du catalogue ?
Je n’ai pas non plus envie que l’affichage des sites de mes clients dépende du serveur de typekit. S’ils n’assurent pas un service de qualité c’est moi qui prend.
Je n’ai pas non plus envie de passer les 10 prochaines années à modifier mes CSS et à faire de la maintenance sur des vieux sites dont les fontes ont disparues où ont été modifiées, ou des formats changés, etc…
Je n’ai pas envie de laisser tipekit m’imposer ainsi qu’à mes clients des technologies comme javascript.
Plus généralement, tous ces services qui créent pour moi ou mes clients une dépendance supplémentaire, je les évite. Le paiement des fontes je le veux forfaitaire tout comme mes clients, et si j’utilise des bidouilles pour afficher des fontes qui ne sont pas safe, je veux les héberger sur mes serveurs.
5. Le jeudi 19 août 2010 à 22h32, par SteMu
Très bon article comme d’habitude. Merci de partager ces infos.
Si Tipekit n’est pas terrible à utiliser. qu’est-ce qu’on peut utiliser pour remplacer les fontes alors?
6. Le vendredi 20 août 2010 à 11h05, par Auré
Salut Laurent,
je dois dire que ton article m’a beaucoup fait réfléchir et je t’en remercie. C’est exactement ce type d’articles que je trouve « utiles » et « sains ».
Étant moi-même plutôt en faveur de Typekit et voyant d’un bon œil l’arrivée d’Adobe dans l’arène, j’ai relu plusieurs fois ton billet et j’ai pensé qu’il serait bon de demander directement l’avis des personnes concernées à savoir les créateurs de caractères vendant leur production sur Typekit.
Je suis donc allé sur mon forum favori (http://www.typographe.com/forum/) et j’ai posé la question en faisant référence à ton article.
Je ne pourrais te citer qu’un exemple, il s’agit de Xavier Dupré, un des meilleurs typographes Français à l’heure actuel (c’est notamment le créateur des caractères FF Yoga et FF Masala), qui connait donc bien la problématique de la distribution et de la rémunération des caractères. Xavier propose donc ses caractères entre autre sur Typekit et voici ce qu’il dit :
« … Le FF Masala se vend presque exclusivement en version web… et ne me rapporte presque rien… de qq centimes à 2 euros par vente, je trouve ca scandaleux….pour le FF Yoga, c’est carrément l’inverse, aucune vente TypeKit le dernier trimestre… A ce jour, je ne vois toujours pas l’intérêt de TypeKit du point de vue de ma rémunération. »
Si je me base sur son point de vue, Typekit ne semble pas proposer un modèle économiquement viable pour les « petits » créateurs indépendants.
Cela nuance donc un petit peu le commentaire de Francis. J’aurais aimé avoir un peu plus d’avis, notamment celui de Jean-François Porchez, typographe Français proposant également ses caractères sur Typekit, qui était, à la base un défenseur de ce système. Reste à savoir si c’est toujours le cas aujourd’hui.
Je n’ai personnellement pas franchi le pas en utilisant Typekit pour des projets clients. Je suis un peu sceptique sur la pérennité du système… comme le dit Francis dans son commentaire, le système de paiement annuel engendre une dépendance qui peut-être (qui est) problématique selon moi.
Merci pour ce super article Laurent
7. Le vendredi 20 août 2010 à 12h52, par Laurent DEMONTIERS
@francis > ok, si tu le dis:-)
@Missa Bold > mes clients réagiront certainement exactement comme les tiens. Tous ce qui les rend dépendants les dérangent et c’est légitime, car ça n’est pas souhaitable. J’adhère à tous les arguments que tu avances sur les problèmes d’indépendance causé par TypeKit.
@SteMu > Pour l’instant whait and see. Je continu à n’utiliser que des fontes safe pour les sites à fort trafic. Pour des sites qui génèrent peu de trafic, les intégrateurs avec lesquels je travaille utilisent plutôt Cufon, même si le système n’est pas idéal non plus. .
@ Auré >J’ai eu exactement le même reflexe que toi, j’ai contacté mon pote Guillaume Clair avec qui j’avais monté la fonderie+boutique The Fontz en 1998. Son avis sur TypeKit est similaire à celui de Xavier Dupré.
Je le cite :
« Vu les rétributions proposées par Typekit, il est clair qu’il n’est pas viable pour des créateurs de caractères de vendre sur ce site. Les rétributions sont bien trop faibles. Il faut bien différencier les éditeurs qui font de la gestion de catalogue comme Adobe, et les studios de création typographique. Adobe gère un catalogue de milliers de Polices existantes, alors que les fonderies comme la notre vivent plutôt de la création de caractères ou de polices complètes à la commande. Ce sont deux modèles économiques distincts. Laurent tu as bien perçu cet aspect du secteur.
Adobe trouve un intérêt à diffuser son catalogue de millier de Polices via Typekit. Même si les rémunérations sont faibles, la masse du catalogue et la notoriété de leurs fontes font qu’ils s’y retrouvent.
Pour ce qui nous concerne, en 5 ans d’existence, notre studio a créé et gère les droits de 54 Polices de caractères. Il faut que nous fassions notre chiffre d’affaire avec ce catalogue restreint. Avec le système de rétribution de Typekit nous pourrions seulement espérer une rétribution de 112 € par année pour la cession de l’ensemble de notre catalogue.
Nous n’avons effectivement aucun intérêt à brader notre catalogue sur TypeKit pour le voir noyé au milieu des milliers de références prestigieuses du catalogue Adobe.
Les éditeurs qui placent leurs Polices sur typekit le font à titre promotionnel. D’ailleurs les Polices proposées par les indés sont souvent tronquées (il manque les caractères spéciaux, ou toute la famille et les graisses ne sont pas représentée). C’est bien comme tu le dis une forme de vitrine pour leur savoir faire sur laquelle ils offrent des produits d’appel en espérant vendre ensuite les familles de fontes complètes par le canal de vente traditionnel, avec de vrais prix de licences. »
Je pense que sa position est claire et éclairée.
Enfin, Francis est à coté de la plaque quand il dit que « font-face est plutôt une très belle opportunité pour petits fondeurs de gagner plus d’argent. ». D’abord parce que @face-font n’offre aucune opportunité de rémunération aux créateurs, c’est une propriété CSS3 qui permet d’afficher une police en installant un fichier de font sur son propre serveur. Pas un moyen de rétribution. Ce système d’affichage permet tout, sauf le respect des droits d’auteur. L’utilisation brute de @font-face ne comporte aucun système de rémunération pour les auteurs pas plus que l’utilisation de la balise « Video » dans un fichier HTML5 ne rapporte de l’argent au réalisateur d’un film diffusé. Aussi les applications commerciales comme TypeKit qui utilisent @font-face en proposant aux auteurs un hébergement des fontes aux créateurs pour un meilleur contrôle de leurs droits ne sont pas des partenaires commerciaux viables pour les auteurs si j’en crois les témoignages des gens concerné.
@Francis > Pour ce qui est du prix des fontes, lorsque que tu dis que « les designers s’accordent à dire que les polices sont trop chères ». Est-ce que tu réalises que certaines Polices représentent plusieurs années de travail ? A combien estimes-tu la valeur de ce genre de travail ? Combien proposerais-tu de rémunérer les 12 mois de travail du créateur d’une nouvelle Police ? 99 $ à partager avec des milliers d’autres créateurs ou fonderies ?
La valeur d’un service est en fonction de l’offre et de la demande. Si tu n’as pas l’argent nécessaire pour te payer les grandes fontes imaginées par les cadors de la typographie, il te reste les fontes gratuites et de moindre qualité que les étudiants et les amateurs laissent sur Dafont. Moi aussi j’aimerai bien m’acheter une Ferrari, mais il ne me viendrait pas à l’idée d’organiser des manifs pour demander à Ferrari de donner ses voitures à tout le monde.
Mes clients, plutôt de grandes entreprises ont, elles, le budget pour payer le travail des fondeurs à leur juste valeur. C’est juste que c’est un marché qui ne te concerne pas. C’est tout.
8. Le vendredi 20 août 2010 à 14h15, par Francis
Aurélien > Merci pour ces retours d’utilisateurs. Personnellement, je n’ai lu que des retours positifs mais sûrement que ce n’est pas valable pour certains d’entre eux, même peut-être pour la plupart. Donc, je suis content que ce genre de commentaire vienne tempérer mes propos, ça permet d’avoir un avis plus affuté sur le sujet qui est loin d’être évident… ^^
9. Le vendredi 20 août 2010 à 14h27, par Francis
« Enfin, Francis est à coté de la plaque quand il dit que « font-face est plutôt une très belle opportunité pour petits fondeurs de gagner plus d’argent. ». D’abord parce que @face-font n’offre aucune opportunité de rémunération aux créateurs, c’est une propriété CSS3 qui permet d’afficher une police en installant un fichier de font sur son propre serveur. Pas un moyen de rétribution. Ce système d’affichage permet tout, sauf le respect des droits d’auteur. »
J’avoue que je me suis mal exprimé et tu as raison de le mentionner. Je dirais également que vos témoignages tempèrent quelque peu mes propos. Le fait est que je n’ai vu que des retours positifs de personnes pour qui c’est positif et ça oriente pas mal mes propos. Mais finalement, tout ça me fait penser que web ou pas web, vivre de la vente de fontes est probablement mission impossible pour un grand nombre de personnes.
10. Le vendredi 20 août 2010 à 16h04, par Laurent DEMONTIERS
@Francis > Merci pour ta réponse
Concernant le marché de la typo: Pour les fonderies indépendantes avec un petit catalogue, j’imagine que le modèle économique le plus pragmatique c’est quand même de faire du « sur mesure à la commande ». Peu d’annonceurs ont les moyens et le désir de s’offrir une fonte personnalisées, mais quand on souhaite s’offrir une identité visuelle digne de ce nom, c’est tout de même mieux de concevoir une Police dédiée à la marque plutôt que d’utiliser les même fontes que tout le monde. Ensuite c’est clair que vu le tarif de ce genre de prestat, seuls les gros annonceurs franchissent le pas.
Parmi les fondeurs que je connais, tous répondent aussi à des commandes moins chères, comme des commandes de caractères spéciaux sur des fontes existantes, parfois même open source, etc…
A l’époque de The Fontz, nous avions fait en 2001 la majeur partie de notre CA grace au design du sigle Euros (€) pour compléter des Polices propriétaires.
11. Le vendredi 20 août 2010 à 16h41, par Fred
Sur l’initiative de Laurent, je vais réagir quelque peu à cet article.
Comme tu le conclus très bien dans ton article : « Rien de nouveau sous les étoiles. Le marché évolue, il faut évoluer avec lui. »
De mon point de vue d’intégrateur/développeur front-end, la véritable évolution sera l’utilisation généralisée de @font-face dans les années à venir, du fait de son adaptation à tous les navigateurs sans besoin de charger du JavaScript ou d’utiliser je ne sais quelles autres subtiles techniques.
Les solutions alternatives telles que TypeKit, Cufon… ne me semblent pas viable à long terme. Je te rejoins sur la problématique des grands groupes sur « le renouvellement automatique du paiement de la licence proposé par TypeKit ». J’ai moi-même réalisé l’intégration du site d’une grande société, j’ai du mal à imaginer la situation au bout d’un an, lorsque leur site sera dépourvu de leur belle font et qu’ils me feront remonter le problème : « Bah il faut payer les 99$ à TypeKit, on vous l’avait dit ». Pour Cufon, je ne me prononce pas, je ne connais pas assez la manière de faire mais il ne me semble pas adapter à des « gros » sites, peut-être sympa pour des petits sites vitrines ?
Via @font-face, je pense que l’on peut trouver des fonts gratuites (ne pas confondre avec libre de droits) qui permettent à nos sites de sortir des sentiers couverts d’Arial, Verdana et autres Trebuchet afin d’offrir à nos clients des choses nouvelles.
PS: Sinon, on a toujours la solution de la bonne vieille image avec un « alt= », non j’arrête. Désolé.
12. Le samedi 21 août 2010 à 08h23, par Lahna
Merci à tous pour toutes ces infos et ces conseils. On apprend des trucs ici ! :-)
13. Le lundi 23 août 2010 à 17h45, par Laurent
Je n’ai personnellement pas le sentiment que cette offre d’Adobe va changer foncièrement grand chose pour les fonderies qui font du sur mesure. Ceci pour la simple et bonne raison que je ne pense pas qu’ils produisent énormément spécifiquement pour le web jusqu’à aujourd’hui. Quand on créé une police à la demande d’un client, en général c’est pour du print, ou de la signalétique. Internet a toujours été et reste le parent pauvre pour le droit d’auteur. Point d’eldorado, vive le low cost.
14. Le lundi 23 août 2010 à 18h25, par Laurent DEMONTIERS
@Fred > Merci pour ton point de vue d’intégrateur. C’est vrai qu’aucune méthode de remplacement des fontes n’est à ce jour parfaite, à moins que ce ne soient les navigateurs et leur manque de normes les fautifs.
@Laurent > Tu as raison, les fonderies sont sollicitées généralement pour la création de caractères destinés au print. C’est un point que mon article n’aborde pas.
Ce que je présents avec l’arrivée des prestataires distributeurs de typo low coast, c’est que les créateurs qui vendent leurs Polices à un tarif normal (env 250€/an pour un site) ne pourront plus le faire..
Ce qui m’embete avec le partenariat Adobe/Typkit, c’est que le catalogue Adobe est de
1) très bonne qualité alors que les prestat du low coast dans les autre secteurs sont en général moins qualitatives.
2) il comporte des fontes connues et populaires.
En clair, pour un affichage web les graphistes et leurs clients ont le choix entre s’offrir des fontes Adobe exceptionnelles pour une bouchée de pain ou commander une fonte spécifique d’un créateur pour 250 €/an en moyenne. Ca ne va pas aider à la création de nouvelles fontes.
Je trouve aussi que beaucoup de graphistes ont tendance à utiliser toujours les mêmes fontes ou des fontes à la mode au lien de chercher à différencier, à identifier différemment leur clients avec l’emploi de fontes moins connues mais surement plus identitaires. C’est un choix audacieux, mais s’il ‘agit d’offrir une identité propre à un annonceur c’est la moindre des choses non?
15. Le mardi 24 août 2010 à 17h36, par STPo
Techniquement, on fait également face aux disparités de traitement des propriétés CSS d’ajustement des fonts avec @font-face : en clair, on n’aura pas le même résultat visuel suivant le navigateur qu’on utilise.
Par exemple, Webkit sous Windows (Chrome et Safari donc) gère très grossièrement la propriété CSS letter-spacing, ce qui exclue de gérer finement (et surtout de façon cross-browser) l’interlettrage d’un texte utilisant @font-face… Gros fail en ce qui me concerne (et en ce qui concerne le malheureux client à qui on vend l’intégrité pixel-perfect de son PSD passé en HTML et skinné grâce à la révolutionnaire @font-face).
Pour rien au monde je ne reviendrais à des horreurs à la SiFR, n’empêche que les éditeurs de navigateurs ont encore du pain sur la planche.
16. Le mardi 24 août 2010 à 17h55, par Laurent DEMONTIERS
@STPo > Est-ce que tu as abandonné l’utilisation de @font-face pour l’instant ou est-ce que tu l’utilises avec une détection du navigateur pour router vers une CSS dédiée à certains navigateur?
17. Le mardi 24 août 2010 à 18h06, par STPo
Pour l’instant je continue à l’utiliser (pas le choix, on l’a vendu au client !) et je ne détecte pas le navigateur parce que c’est coûteux et peu fiable dès qu’on sort des commentaires conditionnels IE… Je compte continuer à utiliser @font-face qui reste une bonne chose, quitte à avoir en rendu différent selon les navigateurs, ce qui devrait d’ailleurs être vendu comme tel quand on vend du web design : personne ne maîtrisera jamais complètement le poste de son utilisateur.
(on devrait vendre du HTML/CSS, pas du PSD ! Mais c’est un autre débat…)
18. Le dimanche 12 septembre 2010 à 11h58, par Stéphane
Une petite précision pour éviter toute ambigüité : la propriété CSS @font-face peut être utilisée telle quelle, sans aucun code Javascript. En revanche il semble qu’il faille installer un morceau de code Javascript pour utiliser Typekit (je n’ai pas testé ce service, mais j’imagine qu’il s’agit justement d’une manière de sécuriser les polices).
19. Le samedi 18 septembre 2010 à 15h41, par Vanina
Bonjour,
Merci pour cet article détaillé.
Si ça vous intéresse, nous avons commencé un comparatif des solutions de fonts car comme nous faisons le redesign complet de notre site, nous avons dû comparer et choisir ce qui nous paraissait être le mieux pour nous.
Voici le billet où j’en parle:
http://blog.socialcompare.com/fr/2010/05/28/tableau-comparatif-solutions-typographie-web-affichant-belles-polices-caracteres-font-face-vs-sifr-vs-typeface-js-vs-cufon-vs-flir/
Au final nous préférions @font-face mais comme nous avons constaté que ce n’était pas encore parfait de partout.. dans tous les cas… nous en sommes restés à des classiques (Arial..).
Vanina
20. Le lundi 20 septembre 2010 à 14h05, par LOmiG
salut,
désolé si je dis une bêtise : google fonts n’est pas quelque chose de concurrent ?
Il me semble que c’est une manière d’afficher aussi des polices dont certains sont gratuites….
désolé si je n’ai rien compris…je ne suis pas du tout connaisseur.
21. Le lundi 20 septembre 2010 à 14h49, par Laurent DEMONTIERS
@Vanina > Merci pour ce lien très instructif. Pour les sites à forte visibilité je préconise également d’en rester à l’usage de fontes dites « safe ». La propriété @font-face reste intéressante tout de même (si on dispose des droits sur le police bien sûr).
@LOmiG > Oui GoogleFonts permet également de remplacer les fontes à l’affichage navigateur. Tu trouveras dans le lien de Vanina un comparatif de toutes les techniques de remplacement de fontes. Très intéressant.
22. Le vendredi 24 septembre 2010 à 12h10, par sebastien
Si j’achète une typo pour du print, est-ce que je peux l’utiliser librement sur mon site internet ? Quelles sont les conditions exactement ?
23. Le vendredi 24 septembre 2010 à 12h31, par Laurent DEMONTIERS
@sebastien > Il faut te référer au contrat de licence de la fonte. Il existe de nombreuses licences de cession. Ces contrats sont rédigés par les éditeurs qui décident eux même des conditions de cession. Un contrat de licence peut parfois permettre d’utiliser une police sur tous les supports sans restriction quant à la nature de ces supports, d’autres contrats réservent la cession à un support précis en excluant les autres…. C’est à voir au cas par cas.
24. Le dimanche 8 mai 2011 à 19h58, par fabien
Mouais, n’oublions pas que dans la plupart des cas, ça ne changera rien à la façon que nous avions de travailler avant.
Vous prenez l’exemple de Renault. Ils ne passeront jamais pas typekit. Ils ont acheté une valise typo avec les droits pour la reproduire comme ils veulent où ils veulent. Font face ne fait qu’ajouter le web aux champs d’application de la licence qu’ils ont payé.
C’est peut-être un blocage mental, mais je suis incapable de voir la différence entre utiliser une typo dans un document print et utiliser une typo sur un site web. Du pur point de vue de la licence et de la rémunération des auteurs évidemment. Aujourd’hui comme hier, il y a ceux qui payent les licences des typos qu’ils utilisent et ceux qui ne les payent pas.
Il me reste des vieux cd de typo adobe, linotype, emigre… et autres (qui coutaient la peau du cul au moment où ils ont été achetés). Mais qui sont quand même suffisamment récents pour que les licences incluent l’utilisation sur écran. Donc via font face. C’est un truc dont je suis à peu près sûr. En quoi j’aurais le droit d’utiliser ma Luballin Graph sur mon site en flash et pas sur mon site en html ? C’est absurde. Et clairement les font adobe sont utilisables dans un site en flash quand on possède la licence.
Aujourd’hui on a BESOIN de pouvoir utiliser ses typos pour l’écran autant que pour le print quand on conçoit une identité visuelle. Si je n’ai pas le droit de mettre ma typo sur écran, j’en prendrais une gratuite qui servira aussi pour le print. Il en existe de très bonnes aujourd’hui.
Pour revenir sur typekit, je ne comprends pas l’intérêt de ce service. Si vous utilisez une typo sur un site, c’est que vous l’avez. Convertissez-la en eot, svg et wof, mettez-les sur votre serveur avec le reste du site, utilisez font face et voilà. Typekit ne servirait qu’à utiliser des typos que vous n’avez pas. Et là, oui, c’est néfaste.