L’année 2010 est terminée. Elle fut le théâtre de quelques évolutions dans le secteur du design interactif. Ces changements seront certainement précurseurs de ce qui nous attend pour 2011.

Puisse que c’est la mode des prévisions, j’endosse moi aussi mon costume de Mme Irma et je vous livre ma vision des changements qui auront lieux dans le secteur du design interactif pour l’année à venir. Cet article est en deux parties, je posterai probablement la deuxième demain.

Bouleversement des relations Agences / Freelances / Annonceurs

Les freelances s’écarteront des agences et se rapprocheront des annonceurs

Il y a eu beaucoup de débauchage en 2009 dans les pôles production des agences. Les graphistes salariés ont fait les frais de la crise. Ce sont eux qui ont majoritairement fait l’objet du grand dégraissage de la fin 2009 et du début 2010.  Beaucoup se sont d’ailleurs installés en Freelance en 2010.

Avec la position d’observateur externe que j’occupe aujourd’hui je constate, comme d’autres freelances, que les commanditaires en agences qui m’appellent aujourd’hui ne sont majoritairement plus des gens de production (Directeurs artistiques, directeurs de création ou chefs de projet  techniques), mais plutôt des profils commerciaux ou marketing, en tout cas des ressources sans background technique ou pratique. Je relate un fait, sans en tirer de conclusion.

Je constate aussi que certains de mes confrères freelances se plaignent de la dégradation de leurs relations avec les agences Là aussi je relate un fait et n’en tire aucune analyse.

Pour ce qui me concerne, je constate juste que :

  • certaines agences ont eu du mal à considérer les freelances comme des partenaires de conception.
  • certaines agences tentent d’imposer leurs prix aux prestataires, et ces prix sont étonnement égal à la moitié des prix pratiqués dans le secteur.
  • certaines agences imposent la signature de leurs propres conditions générales de vente avec tout une tripotée de clauses toutes plus abusives les unes que les autres.
  • certaines agences nient purement et simplement les lois sur la propriété intellectuelle et les considérations liées au Droit d’auteur.

Cette situation m’amène à penser que les freelances sérieux devraient s’écarter de ces agences avec lesquelles il devient difficile de gagner correctement sa vie ou d’avoir un semblant de reconnaissance professionnel. Je vois cela comme une conséquence directe de l’inégalité des rapports contractuels entre les agences et les freelances.

Le design interactif et les designers arrivent à maturité. Je ne serai pas étonné que beaucoup d’entre eux aspirent à prendre des responsabilités en traitant directement avec les annonceurs pour améliorer leurs revenus et s’assurer de la maitrise technique et créative des projets.

Les annonceurs se rapprocheront des freelances

Ce qui conditionne la réussite d’un projet, c’est avant tout la qualité, la maturité, l’expérience et l’engagement des hommes ou des femmes qui y travaillent. Les annonceurs l’ont bien compris. Ils ont aussi compris que certaines agences autrefois reconnues grâce au travail de leurs équipes sont aujourd’hui des coquilles vides sans pôle production et des passe-plats pour freelances.

Pour les projets à budget limité ou peu stratégique, les annonceurs devraient chercher à prendre en charge la maitrise d’ouvrage de leurs projets et monter eux-mêmes leurs équipes constituées de freelances. Personnellement c’est une tendance forte que j’observe depuis quelques mois et je pense que ça devrait s’accentuer, voire se généraliser cette année. Chers annonceurs, soyez les bienvenus !

Les agences vont recruter

Les bons designers, les bons intégrateurs et les bons développeurs sont difficiles à trouver. Je le dis sans scrupules et sans retenue. Une agence ne peut produire des sites de qualité sans équipes compétentes. On ne travaille pas sur le long terme avec des freelances payés au compte goutte pour du rafistolage ponctuel ou avec des stagiaires. Le manque de compétences, le manque d’organisation et la méconnaissance des processus de production finissent par se voir dans la qualité générale de la production d’une agence et surtout dans son suivi de projet.

Je pense que les agences feront de gros efforts de recrutement en 2011. Elles devraient concentrer leur recrutement sur la recherche de designers expérimentés, « embaucher peu », mais « embaucher bien ». Elles gagneront à embaucher un senior plutôt que deux juniors. Il produira autant s’il est secondé d’un « petit budget freelances » et surtout il produira mieux. Dans le contexte actuel, c’est nettement plus pragmatique.

Le futur rapprochement des freelances avec les annonceurs devrait aussi accentuer la politique de recrutement des agences. Si les freelances s’éloignent d’elles, elles devront embaucher pour garantir une capacité de production régulière et de haut niveau. D’ailleurs je ne serais pas étonné que certains freelances compétents se voient prochainement proposer des postes de salariés en agence. On prend les paris ?

Déclin du statut d’auto-entrepreneur chez les designers

Je ne partageais pas vraiment l’inquiétude de certains professionnels du design interactif qui voyaient arriver des milliers de « jeunes » auto-entrepreneurs sans expérience dans le secteur du design d’un mauvais œil. J’étais juste attentiste.

Lorsqu’on voit les chiffres de l’auto-entreprenariat aujourd’hui, on voit bien que les gens qui ont déposés ce statut sont restés en dehors du marché. Il me semble même avoir lu que 70% des auto-entrepreneurs tous secteurs confondus n’ont pas fait un centime de CA dans l’année. Cela confirme un peu ce que je perçois : rien… je n’ai pas vu la concurrence de jeunes casseurs de prix déferlants sur le secteur avec leur Photoshop craqué et leur méconnaissance totale des usages contractuels et commerciaux du secteur.

Il n’y a pas de place pour les médiocres en design parce que nos clients comparent systématiquement nos productions avec ce qui se fait de mieux au monde. Les graphistes improvisés ou auto proclamés après 2 mois de stage n’arriveront jamais à se faire une place sur un secteur qui demande des années de pratique avant de pondre des créations de niveau professionnel.

Bon allez, j’arrête là pour aujourd’hui. J’espère trouver le temps demain pour terminer la fin de cet article en deux parties.

Je vous souhaite une très bonne année 2011 pleine de réussite, surtout si vous êtes auto-entrepreneur.

L’année 2010 est terminée. Elle fut le théâtre de quelques évolutions dans le secteur du design interactif. Ces changements seront certainement précurseurs de ce qui nous attend pour 2011.

Puisse que c’est la mode des prévisions, j’endosse moi aussi mon costume de Mme Irma et je vous livre ma vision des changements qui auront lieux dans le secteur du design interactif pour l’année à venir. Cet article est en deux parties, je posterai probablement la deuxième demain.

Bouleversement des relations Agences/ Freelances/Annonceurs.

Les freelances s’écarteront des agences et se rapprocheront des annonceurs

Il y a eu beaucoup de débauchage en 2009 dans les pôles production des agences. Les graphistes salariés ont fait les frais de la crise. Ce sont eux qui ont majoritairement fait l’objet du grand dégraissage de la fin 2009 et du début 2010. Beaucoup se sont d’ailleurs installés en Freelance en 2010.

Avec la position d’observateur externe que j’occupe aujourd’hui je constate, comme d’autres freelances, que les commanditaires en agences qui m’appellent aujourd’hui ne sont majoritairement plus des gens de production (Directeurs artistiques, directeurs de création ou chefs de projet techniques), mais plutôt des profils commerciaux ou marketing, en tout cas des ressources sans background technique ou pratique. Je relate un fait, sans en tirer de conclusion.

Je constate aussi que certains de mes confrères freelances se plaignent de la dégradation de leurs relations avec les agences Là aussi je relate un fait et n’en tire aucune analyse.

Pour ce qui me concerne, je constate juste que :

· certaines agences ont eu du mal à considérer les freelances comme des partenaires de conception.

· certaines agences tentent d’imposer leurs prix aux prestataires, et ces prix sont étonnement égal à la moitié des prix pratiqués dans le secteur.

· Certaines agences imposent la signature de leurs propres conditions générales de vente avec tout une tripotée de clauses toutes plus abusives les unes que les autres.

· Certaines agences nient purement et simplement les lois sur la propriété intellectuelle et les considérations liées au Droit d’auteur.

Cette situation m’amène à penser que les professionnels sérieux du design interactif indépendants devraient s’écarter de ces agences avec lesquelles il devient difficile de gagner correctement sa vie ou d’avoir un semblant de reconnaissance professionnel. Je vois cela comme une conséquence directe de l’inégalité des rapports contractuels entre les agences et les freelances.

Le design interactif et les designers arrivent à maturité. Je ne serai pas étonné que beaucoup d’entre eux aspirent à prendre des responsabilités en traitant directement avec les annonceurs pour améliorer leurs revenus et s’assurer de la maitrise technique et créative des projets.

Les annonceurs se rapprocheront des freelances

Ce qui conditionne la réussite d’un projet, c’est avant tout la qualité, la maturité, l’expérience et l’engagement des hommes ou des femmes qui y travaillent. Les annonceurs l’ont bien compris. Ils ont aussi compris que certaines agences autrefois reconnues grâce au travail de leurs équipes sont aujourd’hui des coquilles vides sans pôle production et des passe-plats pour freelances.

Pour les projets à budget limité ou peu stratégique, les annonceurs devraient chercher à prendre en charge la maitrise d’ouvrage de leurs projets et monter eux-mêmes leurs équipes constituées de freelances. Personnellement c’est une tendance forte que j’observe depuis quelques mois et je pense que ça devrait s’accentuer, voire se généraliser cette année. Chers annonceurs, soyez les bienvenus !

Les agences vont recruter

Les bons designers, les bons intégrateurs et les bons développeurs sont difficiles à trouver. Je le dis sans scrupules et sans retenue. Une agence ne peut produire des sites de qualité sans équipes compétentes. On ne travaille pas sur le long terme avec des freelances payés au compte goutte pour du rafistolage ponctuel ou avec des stagiaires. Le manque de compétences, le manque d’organisation et la méconnaissance des processus de production finissent par se voir dans la qualité générale de la production d’une agence et surtout dans son suivi de projet.

Je pense que les agences feront de gros efforts de recrutement en 2011. Elles devraient concentrer leur recrutement sur la recherche de designers expérimentés, « embaucher peu », mais « embaucher bien ». Elles gagneront à embaucher un senior plutôt que deux juniors. Il produira autant s’il est secondé d’un « petit budget freelances » et surtout il produira mieux. Dans le contexte actuel, c’est nettement plus pragmatique.

Le futur rapprochement des freelances avec les annonceurs devrait aussi accentuer la politique de recrutement des agences. Si les freelances s’éloignent d’elles, elles devront embaucher pour garantir une capacité de production régulière et de haut niveau. D’ailleurs je ne serais pas étonné que certains freelances compétents se voient prochainement proposer des postes de salariés en agence. On prend les paris ?

Déclin du statut d’auto-entrepreneur chez les designers

Je ne partageais pas vraiment l’inquiétude de certains professionnels du design interactif qui voyaient arriver des milliers de « jeunes » auto-entrepreneurs sans expérience dans le secteur du design d’un mauvais œil. J’étais juste attentiste.

Lorsqu’on voit les chiffres de l’auto-entreprenariat aujourd’hui, on voit bien que les gens qui ont déposés ce statut sont restés en dehors du marché. Il me semble même avoir lu que 70% des auto-entrepreneurs tous secteurs confondus n’ont pas fait un centime de CA dans l’année. Cela confirme un peut ce que je perçois : rien… je n’ai pas vu la concurrence de jeunes casseurs de prix déferlants sur le secteur avec leur Photoshop craqué et leur méconnaissance totale des usages contractuels et commerciaux du secteur.

Il n’y a pas de place pour les médiocres en design parce que nos clients comparent systématiquement nos productions avec ce qui se fait de mieux au monde. Les graphistes improvisés ou auto proclamés après 2 mois de stages n’arriveront jamais à se faire une place sur un secteur qui demande des années de pratique avant de pondre des créations de niveau professionnel.

Bon allez, j’arrête là pour aujourd’hui. J’espère trouver le temps demain pour terminer la fin de cet article en deux parties.

Je vous souhaite une très bonne année 2011 pleine de réussite, surtout si vous êtes auto-entrepreneur.