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	<title>Laurent Demontiers &#187; Validation</title>
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		<title>Piocher dans les catalogues des éditeurs d’image : Une solution acceptable ?</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Apr 2010 16:18:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent DEMONTIERS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Relations clients]]></category>
		<category><![CDATA[Top articles]]></category>
		<category><![CDATA[Web design]]></category>
		<category><![CDATA[Bénéfices]]></category>
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		<description><![CDATA[Je prolonge aujourd’hui la réflexion entamée dans mon précédent article (« Annonceurs, ne négligez pas les besoins de votre projet en images-sources ! » ), et je reste autour du sujet des « sources » en abordant le cas des banques d’images. La lecture de ce nouvel article s’adresse toujours aux annonceurs, mais les créatifs devraient aussi y trouver [...]


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			<content:encoded><![CDATA[<p>Je prolonge aujourd’hui la réflexion entamée dans mon précédent article (« <a href="http://demontiers.com/2010/04/annonceurs-ne-negligez-pas-les-besoins-de-votre-projet-en-images-sources/" target="_blank">Annonceurs, ne négligez pas les besoins de votre projet en images-sources ! </a>» ), et je reste autour du sujet des « sources » en abordant le cas des banques d’images. La lecture de ce nouvel article s’adresse toujours aux annonceurs, mais les créatifs devraient aussi y trouver matière à réfléchir.</p>
<p>Très peu d’annonceurs peuvent se permettre de faire appel à un photographe pour se doter d’une banque d’image exclusive de haute qualité. J’ai déjà travaillé sur les sites de plusieurs  constructeurs automobiles, dans ce secteur les annonceurs font systématiquement appel à des photographes de pointe pour illustrer les catalogues qui présentent leurs modèles. On imagine mal un constructeur auto négliger la mise en valeur des ses véhicules. Pour un graphiste c’est un vrai bonheur de travailler avec des sources de cette qualité, mais entre le prix des prestations de prise de vue (plus de 120 000 € pour 500 clichés, et les cessions de droits de 1500 € pour l’utilisation de chaque cliché), ces processus sont inabordables pour la plupart des annonceurs.</p>
<p>Aussi, si l’habillage de votre site requiert la création d’un univers illustré dédié exclusivement à votre marque il vous faudra bien faire appel à un illustrateur pour le créer.</p>
<p>Là aussi l’intervention d’un professionnel pour créer de l’imagerie sur mesure est un investissement certes couteux, mais il vous assurera un rendu totalement adapté à vos besoins.</p>
<p>Je ne reviendrai pas sur le propos de l’article précédent mais c’est évidemment toujours mieux de faire réaliser son imagerie sur mesure quand on dispose du budget pour. Faire appel à un professionnel pour cela c’est un choix de direction artistique fort, l’assurance d’une démarche de communication dédiée, complète et identitaire. Lorsqu’on souhaite construire l’identité visuelle de son entreprise,  une imagerie dédiée et entièrement réalisée autour de son positionnement sera toujours plus adaptée. Ce processus est un must encore souvent réservé aux entreprises du CAC 40 et aux studios graphiques.</p>
<p>Je pense maintenant que mon point de vue est assez clair pour tout le monde : la qualité graphique de votre site dépend énormément de la qualité des images sources que vous allez y inclure. Encore une fois, il faut savoir vous donner les moyens de vos ambitions.</p>
<h2>Et quand on n’a pas de banques d’images à disposition ?</h2>
<p>Vous n’avez pas de budget pour les sources ? Vous ne disposez pas de banques d’images en interne ? Vous ne souhaitez pas vous occuper de la recherche de ces sources ? Aucun problème : les graphistes savent où se fournir en visuels. S’il le faut ils iront chercher des sources dans les banques d’images des éditeurs.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Je m’arrête sur ces éditeurs parce que leurs stocks peuvent répondre à 95% des besoins des annonceurs et terme de thématique d’imagerie. Quel que soit votre secteur, vous trouverez toujours sur les sites de ces vendeurs de photos de quoi illustrer vos propos et habiller vos sites.</p>
<p>L’achat d’images (ou plutôt de cession de droits d’utilisation) dans une banque d’image en ligne sera toujours moins cher que de commander une prestation sur mesure à un professionnel. Ces éditeurs jouent sur les flux et leurs auteurs espèrent se rémunérer correctement en multipliant les ventes d’une même source. Ils se trompent, car ce modèle économique n’est majoritairement pas viable pour les auteurs, mais ça n’est pas le propos du jour.</p>
<p>Maintenant même si certains éditeurs en ligne proposent des catalogues de plusieurs millions d’images, ils ne couvriront jamais  l’ensemble des besoins particuliers. Si vous recherchez une photo de deux businessmen aux dents blanches qui se serrent la main vous la trouverez surement parce que le sujet est bateau. Si vous recherchez une photo représentant un cheval déguisé en canard sur un vélo rose devant la tour Eiffel, pragmatiquement vous aurez peu de chance de la trouver. Il faudra ici investir du temps dans la conception d’un photomontage à partir de plusieurs images sources, ce qui revient à réaliser un travail d’illustration &gt; Retour à la case départ. Faites donc attention au réalisme de vos exigences en termes d’imagerie, si elles sont contraintes par votre budget.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Ensuite, je classerai les différents types d’éditeurs de la façon suivante :</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Les éditeurs de photographes professionnels :</h3>
<p>Leurs catalogues sont constitués d’images réalisées par des photographes ou des illustrateurs professionnels dont les travaux ont été sélectionnés pour leur qualité. Ces sociétés protègent  leurs clients contre d’éventuelles atteintes aux droits d’auteur de tiers. En tant qu’annonceur vous n’aurez jamais de problème avec ces gens sérieux, sauf si vous leur piquez des images.</p>
<p>Comptez entre 250 et 1500 € généralement <strong>par an </strong>pour utiliser un visuel issu de leur stock. Oui j’ai bien dit par an, parce qu’une cession illimitée dans le temps est invariablement considérée comme abusive et rendue caduque par les tribunaux. Ces éditeurs se conforment à la loi, et cèdent les droits de leur catalogue pour des durées limitées. C’est le seul moyen qui permet de rémunérer leurs auteurs de manière proportionnelle à l’exploitation de leurs œuvres (autre obligation légale).</p>
<p>De façon un peu arbitraire, je citerai en exemple de cette catégorie :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.gettyimages.com/" target="_blank">http://www.gettyimages.com/</a></li>
<li><a href="http://www.corbisimages.com/" target="_blank">http://www.corbisimages.com/</a></li>
<li><a href="http://www.imageplus.com/" target="_blank">http://www.imageplus.com/</a></li>
</ul>
<h3>Les éditeurs de perverted crouwdsourcing</h3>
<p>Vous connaissez tous ces éditeurs qui proposent de vous céder le droit d’exploiter et plus encore un catalogue photo pour des sommes ridicules (entre 1 et 10 $ la photo en général). Miraculeux non ?</p>
<p>En lisant leurs CGV, vous vos rendrez compte que ces éditeurs se dédouanent  de toutes responsabilités quand à d’éventuelles atteintes aux droits d’auteurs tiers ou atteintes au Droit à l&#8217;image. En clair vous achetez leur stock à vos risques et péril, car  :</p>
<ul>
<li>rien de vous garanti que les personnes prises en photo dans ces banques d’images n&#8217;engageront pas d&#8217;actions en justice contre vous si vous publiez des photos d&#8217;eux. Lorsque vous achetez une photo sur ces sites, vous n&#8217;avez aucune autorisation écrite de la part des personnes photographiées vous autorisant à utiliser leur image. De fait, ces personnes ou un tribunal en cas de litige pourraient considérer que vous commettez une atteinte à leur Droit à l’image. Vous serez alors condamné.</li>
<li>le propriétaire d&#8217;un lieu ou d&#8217;un bien photographié sur un cliché que vous publiez pourrait aussi engager une action en justice contre vous  puisse que vous le faites sans son accord formalisé (Là aussi c&#8217;est une atteinte au Droit à l&#8217;image).</li>
<li>rien de vous garanti que l’auteur autoproclamé de la photo que vous avez acheté en est réellement l&#8217;auteur. Qui empêcherait un petit malin de se faire de l&#8217;argent de poche en revendant les clichés d’un photographe pro sur ces sites ? Le cas échéant, le diffuseur de l&#8217;image (l&#8217;annonceur) commettrait un délit de contrefaçon sans même le savoir. Il n&#8217;en reste pas moins coupable aux yeux de la loi. Certaines agences et certains annonceurs s’en mordent encore les doigts.</li>
<li>Sur ces sites, les contrats de cessions proposés aux auteurs de photos sont généralement abusifs, et vont parfois même à l&#8217;encontre des dispositions légales prévues par le Code de la Propriété intellectuelle français : les cessions ne comportent généralement pas de limites de durée, de destination, de supports, sur l&#8217;ampleur de l&#8217;exploitation, sur le droit de modification, etc&#8230; Bref, à la demande de l&#8217;auteur, le contrat qui le lie au site pourrait être rompu à tout moment car décrété caduque par un tribunal. De fait, toutes les personnes qui ont achetées les clichés de l&#8217;auteur les utiliseraient sans contrat de cession ( = délit de contrefaçon).</li>
<li>Rien ne vous garanti non plus que vous rémunérez un auteur majeur avec un statut professionnel et qui paie ses charges. Et oui, qui empêcherait un enfant de 12 ans de mettre en vente ses photos au black?</li>
<li>etc…</li>
</ul>
<p>Bon, je ne vais pas trop m’étendre sur le sujet mais en grattant un peu de votre coté vous vous rendrez compte que ces sites sont pour la plupart étrangers, et que leurs Conditions d’utilisation ou les contrats qu’ils proposent à leurs auteurs posent des problèmes lorsqu’on les confronte au Droit d’auteur français.</p>
<p>C’est parce qu’ils ne vous garantissent pas contre  d’éventuels problèmes juridiques suite à l’utilisation de leur stock que de grande agences de comm’ , des web agencies et des studios graphiques sérieux interdisent à leurs graphistes de piocher dans ces stocks.</p>
<p>Sur le plan de la qualité, les photos proposées sont acceptables bien que très en dessous de la qualité des banques pro. Quand on ne vend pas cher il faut vendre beaucoup, alors ici les clichés sont souvent très stéréotypés. Les auteurs qui vendent sur ces sites n’ont généralement pas d’ambition artistique et préfèrent travailler autour de sujets bateaux et vendeurs. Si vous recherchez des clichés de famille heureuse ou de buinessmen en costume vous en trouverez pour 3 $ le cliché. C’est à vous de voir maintenant si vous souhaitez que votre identité visuelle ressemble n’importe quelle plaquette de compagnie d’assurance US. Avec ce genre de sources on pond généralement du « design automatique à pas cher ». C’est un choix.</p>
<p>Pour ne pas leur faire de pub, je ne citerai surtout pas Fotolia, Dreamstime ou Istockphoto en exemple. Non, je ne le ferais pas.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>EDIT : </strong>Corinne (<a href="http://www.inseo.fr/" target="_blank">http://www.inseo.fr/</a> ) et Christophe (<a href="http://www.stpo.fr" target="_blank">http://www.stpo.fr</a>) me citent un exemple édifiant de ce à quoi l’on peut s’attendre en piochant dans les banques d’images. Allez faire un tour ici, la démonstration est parlante :<strong> </strong><a href="http://fairtradephotographer.blogspot.com/2010/03/microstock-why-would-reputable-company.html" target="_blank">http://fairtradephotographer.blogspot.com/2010/03/microstock-why-would-reputable-company.html</a></p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Les sites d’images open source ou en licence Creative Common</h3>
<p><strong> </strong></p>
<p>Là il s’agit de sites qui regroupent des photos prisent par des particuliers. Ils mettent gratuitement à disposition de tous des clichés en général sous licence Creative Common, art libre, GPL ou autre. Ici la qualité des clichés n’est clairement pas en rendez-vous, les stocks sont moins importants que chez les éditeurs professionnels et les moteurs de recherche sont en général peu performants. Chercher une image de qualité sur ces sites, c’est un peu comme tenter un truc fou, entamer une croisade contre l’impossible : il faut rarement moins de 2 heures pour visionner des milliers de photos et trouver 2 ou 3 photos passablement acceptables. Tentez l’expérience, vous verrez que je n’exagère pas.  La gratuité à sa contrepartie.</p>
<p><strong>Exemples :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.sxc.hu/" target="_blank">http://www.sxc.hu/</a></li>
<li><a href="http://www.morguefile.com/" target="_blank">http://www.morguefile.com/</a></li>
<li><a href="http://www.everystockphoto.com/" target="_blank">http://www.everystockphoto.com/</a></li>
</ul>
<p>…pour les meilleurs.</p>
<p>D’une manière générale ne soyez pas naïfs, si vous n’avez pas de budget pour vous constituer une banque d’images sources, vous obligerez vos prestataires à fouiller dans des banques d’images gratuites, et ils vous feront payer ce temps de recherche. S’ils sont obligés de passer du temps à retoucher de mauvaises photos, ils vous factureront ce temps de travail sans réelle garantie de qualité. Oui, une mauvaise photo retouchée ne fait pas forcement une bonne photo.</p>
<p>Pour les tout petits budgets, il vaut encore mieux débloquer une 40aine d’Euros pour acheter des images parmi les stocks des sites de crowdsourcing. Vous limiterez l’incidence de vos choix sur la qualité générale de votre site.</p>
<h2>Mon projet requiert l’achat d’images, comment s’organise-t-on ?</h2>
<p>C’est très simple en général la procédure s’articule de la façon suivante :</p>
<ol>
<li>Le Directeur      Artistique propose un synopsis pour décrire l’univers visuel qu’il va      mettre en place. Il fait aussi des recommandations quant aux moyens pour      se fournir en imagerie. Éventuellement, il peut déjà présenter une présélection      d’images pour illustrer ses propos (Pas la peine de les acheter à ce stade,      les lightboxes servent à ça).</li>
<li>L’annonceur      négocie l’impact financier de cet univers en fonction de son budget.      Il  négocie/valide un budget alloué      aux sources pour son site et l’éditeur (ou les éditeurs)  chez qui le graphiste se fournira.</li>
<li>Le      Directeur Artistique choisi sa sélection définitive d’images ou de sources      en restant dans le budget dédié.</li>
<li>Lorsque      la sélection d’images est validée, il conçoit ses compositions et les      soumet à la validation du client.</li>
<li>Idéalement,      c’est à celui qui diffuse les visuels de s’acquitter des droits de      diffusion afférents. Le client paie donc les droits correspondants à      l’utilisation des sources à leurs éditeurs respectifs. Cette démarche est la      seule qui garantisse aux annonceurs de ne pas d’exposer à d’éventuelles      plaintes d’auteur tiers lorsque les visuels seront publiés. Concrètement,      il suffit au graphiste de réunir les visuels sélectionnés dans une « Lightbox »      sur le site de l’éditeur, et d’en envoyer le lien à l’annonceur pour qu’il      s’acquitte des droits en un clic.</li>
</ol>
<p>Notez aussi que, si la responsabilité de l’achat des droits incombe au diffuseur, le graphiste doit garantir à son client de pouvoir s’acquitter de ces droits, donc d’en assurer la traçabilité. Pour ce qui me concerne lorsque je livre une composition graphique qui inclue des sources, je livre également un document exel qui liste toutes les sources utilisées dans ma compos (les typographies, les photos, les illustrations, les icones, les Brushes ou palettes utilisées, bref tout ce qui peut demander le paiement de droits ou l’autorisation d’auteurs tiers).</p>
<p>Pour les photos par exemple, mon document précise.</p>
<ul>
<li>Le nom du fichier</li>
<li>L’endroit où le fichier à été inclus (le nom du psd)</li>
<li>Le nom de l’éditeur</li>
<li>Le nom de l’auteur</li>
<li>Si l&#8217;éditeur garantit les autorisations des figurants et propriétaires des lieux/biens présents sur l’image.</li>
<li>Une brève description de l’image</li>
<li>La taille du fichier et sa résolution.</li>
<li>Un lien vers les conditions de la cession des droits.</li>
<li>Le prix estimé (ça n’est qu’une indication) de l’utilisation de la photo.</li>
<li>Un aperçu de l’image</li>
</ul>
<p>Allez, parce que je suis gentil je mets à votre disposition un exemple de fichier de tracking sources livré la semaine dernière : <a href="http://demontiers.com/wp-content/uploads/2010/04/tracking_TDC_1" target="_blank">Télécharger le fichier tracking_TDC_1</a></p>
<p>Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Je conclu en soulignant que j’aborde ici quelques considérations sur les bonnes pratiques de conception. C’est à vous maintenant de prendre vos responsabilités d’annonceurs ou de graphistes et de les suivre ou pas. De la manière dont vous allez gérer vos sources dépends la qualité de votre site, je vous parle aussi de gain de temps et de gain d’argent. Offrez à vos fournisseurs les moyens de travailler correctement, vous ne vous en porterez que mieux.</p>


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		<title>Validation du graphisme : mieux gérer les refus du client</title>
		<link>http://demontiers.com/2009/11/validation-du-graphisme-mieux-gerer-les-refus-du-client/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 15:52:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent DEMONTIERS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gestion des ressources créatives]]></category>
		<category><![CDATA[Relations clients]]></category>
		<category><![CDATA[Web design]]></category>
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		<description><![CDATA[Lorsqu’un designer livre ou présente ses premières propositions graphiques, celles-ci sont rarement  acceptées sans commentaires et sans questionnements. Ces itérations sont plutôt saines, elles permettent de faire adopter les visuels proposés, de les corriger ou d’orienter la conception des futures compositions si nécessaire. On est bien là dans un processus itératif constructif.
Mais parfois le client [...]


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			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’un designer livre ou présente ses premières propositions graphiques, celles-ci sont rarement  acceptées sans commentaires et sans questionnements. Ces itérations sont plutôt saines, elles permettent de faire adopter les visuels proposés, de les corriger ou d’orienter la conception des futures compositions si nécessaire. On est bien là dans un processus itératif constructif.</p>
<p>Mais parfois le client refuse de valider les propositions graphiques en invoquant des raisons jugées irrecevables ou incompréhensibles par le prestataire. Cette situation est bien souvent subie, mal vécue, et peut potentiellement devenir dangereuse pour le projet : comment un prestataire peut-il envisager d’avancer dans la conception s’il ne comprend pas les requêtes ou la position du client ?  Comment un designer peut-il envisager la conception de nouvelles propositions graphiques sans savoir ce qui ne convenait pas dans les premières propositions ?</p>
<p>Cette situation révèle juste une communication dégradée, des non-dits entre le client et le prestataire. Une phase de validation du design mal maitrisée peut faire totalement déraper un budget ou faire exploser les délais d’une mission. On imagine aussi l’impact de ce genre de dérapages sur les hommes. Lorsque cela se présente, il faut d’urgence rattraper le coup : Retrouver une relation-client plus riche afin de mieux <strong>comprendre</strong>, <strong>analyser</strong>, voire <strong>traduire</strong> les raisons invoquées par le client pour justifier son refus. Cette démarche est un premier pas pour avancer dans le bon sens, et c’est notre sujet du jour.</p>
<h2>Mais pourquoi ne veulent-ils pas de ma compo ?</h2>
<p>Vous vous en êtes surement rendu compte, les raisons invoquées par les clients pour justifier l’invalidation des propositions graphiques sont invariablement les mêmes. Je vous propose de commencer par les lister (les raisons). Avec cette liste vous disposerez déjà d’un  premier support pour décrypter les réelles motivations de vos clients. Je vais aussi tenter pour chacune d’entre elles d’émettre des recommandations (sans prétention hein, ça reste un article de blog) sur la meilleure façon de gérer ces refus.</p>
<p>La prochaine fois que vos compositions graphiques vous reviendront dans les dents, ce petit article vous aidera peut-être à <strong>rationnaliser la situation</strong> pour réagir de façon <strong>adaptée</strong>. C’est l’objectif visé.</p>
<p>Voici la liste …</p>
<h3>1. Les raisons subjectives</h3>
<p>C’est la plus fréquente des configurations et certainement la plus éprouvante pour les créatifs juniors : les compositions livrées sont conformes aux recommandations du cahier des charges, mais le client bloque sur des considérations subjectives.</p>
<p>Soyons clairs, ce qui va vous permettre de sortir de cette situation, c’est la qualité de votre communication avec le client, votre aisance à expliquer l’aspect nuisible de la subjectivité sur le projet, et votre force de persuasion. Il vous faudra aussi compter sur l’ouverture du client et sa capacité à remettre en cause ses certitudes pour le bien du projet.</p>
<p>Dans cette situation, tentez de faire comprendre au client que son avis ne regarde que lui, et pas forcement ses utilisateurs. N’insistez pas trop : Tous ceux qui ont déjà tenté de faire valider une interface bleue à quelqu’un qui « n’aime pas le bleu » savent que c’est en général perdu d’avance. Oui, étonnement les personnes qui expriment le plus leur subjectivité dans l’évaluation d’un visuel sont aussi celles qui restent les plus ancrées sur leurs positions. Tout cela est certainement régit par une loi universelle immuable.</p>
<p>Si vous n’êtes vraiment pas à l’aise dans ce genre de situation, sachez qu’il existe de nombreux outils et techniques de communication, de négociation, de gestion de clientèle ou « d’affirmation de soi » conçus justement pour mieux gérer les transactions de ce type. Je ne développe pas plus, ça n’est pas le propos du jour. Dans un premier temps je vous suggère de concentrer votre énergie dans la négociation d’un budget supplémentaire pour réaliser d’autres propositions graphiques.</p>
<h3>2. Le contenu de la compo est erroné</h3>
<p>Les propositions graphiques livrées ne reprennent pas le contenu spécifié dans les wireframes ou le cahier des charges. Il y manque des éléments, ou les éléments présents ne sont pas conformes à ce qui était convenu en amont. A priori, l’erreur incombe au graphiste. Dans ce cas, il est tout à fait logique que la composition graphique ne soit pas validée et le prestataire doit assumer son erreur en corrigeant son travail. Ici je conseille au graphiste de tout faire pour conserver la confiance du client.</p>
<h3>3. La vision graphique du projet n’a pas été transmise au client</h3>
<p>Parfois le directeur artistique ou le designer n’a pas su, ou n’a pas eu l’occasion d’expliquer sa démarche de conception et sa vision graphique du projet au client avant la livraison des compositions.</p>
<p>Si la démarche est expliquée à postériori, et si elle est pertinente, les compositions seront validées en l’état. On ne soulignera jamais assez l’importance d’accompagner la livraison des compositions graphiques par une explication de la démarche de création.</p>
<h3>4. Les contraintes techniques du projet n’ont pas été prises en compte</h3>
<p>Ici le designer a produit une composition graphique sans tenir compte des contraintes techniques inhérentes aux technologies employées ou au média auquel elles sont destinées (Ex : Il a livré des compositions CMJN pour du web, ou il a produit des compositions graphiques qui demanderont aux intégrateurs des contorsions telles que la qualité finale des gabarits en pâtira).</p>
<p>La plupart du temps, cette situation est symptomatique de deux erreurs corollaires : on a fait une erreur de casting en choisissant un designer qui n’était pas coutumier des technologies en cours, ou on a fait suivre au designer un Cahier des Charges trop exhaustif. Rayer la mention inutile.</p>
<p>Il ne s’agit pas ici de trouver un responsable, mais d’envisager des pistes pour orienter le design des futures propositions graphiques. On peut par exemple :</p>
<ul>
<li>Mettre un designer plus spécialisé dans la technologie ou l’environnement technique.</li>
<li>Briefer le designer sur les contraintes techniques en rédigeant la liste des contraintes à respecter.</li>
<li>Former le designer au contexte technique.</li>
<li>L’encadrer d’un senior ou le rapprocher d’un technicien (intégrateur ou développeur).</li>
</ul>
<h3>5. Les compositions ne traduisent pas la stratégie de communication ou le positionnement client</h3>
<p>Votre client est une banque corporate, et vous lui livrez une interface lookée comme le site de <em>La Vache qui rit</em>. Vous manquez de discernement. Lorsque les thèmes visuels abordés dans les compositions ne sont pas en accord avec le positionnement souhaité par le client, la sanction est en général immédiate. Ici, on peut imaginer aussi que le graphiste n’a pas suivi, ou a mal interprété les règles visuelles dictées dans la charte graphique du client, et qu’il n’en a pas respecté les codes. Évidemment, ce motif de refus n’est invocable que lorsque le client a une stratégie de communication claire, et qu’il l’a fait suivre en amont.</p>
<p>Ce genre de considérations demande pas mal d’itérations, car la traduction en données visuelles de la stratégie de communication du client donne forcement lieu à des interprétations graphiques. Lorsque cela se présente, faites attention de ne pas laisser glisser les itérations vers des considérations subjectives. (Voir point 1).</p>
<h3>6. L’invalidation comme outil de négociation</h3>
<p>J’ai déjà vu des clients dénigrer sciemment le travail de graphistes pour les déstabiliser lors de négociations budgétaires. Ici, même si les propositions graphiques sont conformes à la commande, dévaloriser et ne pas valider  le travail du prestataire le placera dans une position psychologique fragilisée.</p>
<p>Plus l’invalidation des compositions semble injustifiée et irrationnelle, plus le graphiste sera inconsciemment contraint de réagir avec ses émotions. Le discernement d’une personne submergée par les émotions est inhibé, et la charge émotionnelle qui l’assaille ne s’apaisera que si elle cède. C’est une méthode de négociation à l’éthique discutable, mais encore très utilisée par certains, en particulier lorsqu’ils sentent l’inexpérience du prestataire en matière de négociation.</p>
<p>Dans le cadre d’une négociation, un prestataire aguerri décèlera toujours les leviers émotionnels utilisés par l’autre partie. Il faut aussi toujours réagir de façon rationnelle et adulte face à l’utilisation de ces leviers.</p>
<h3>7. Invalidation en raison de conflit personnel</h3>
<p>J’ai vu aussi des conflits de personnes entre le client et le prestataire, ces situations où la ressource responsable de la validation des visuels mettait un point d’honneur à ne pas valider les compositions du prestataire avec qui il avait un conflit personnel.</p>
<p>Là honnêtement, à part inviter les personnes concernées à plus de professionnalisme, sortir l’artillerie lourde des techniques de gestion de crise, ou les écarter du projet si ça ne s’arrange pas,  on ne peut pas faire grand-chose.</p>
<h3>8. Il y a des luttes de pouvoir en interne chez le client</h3>
<p>La phase de validation du design est un catalyseur d’émotions, voilà une belle occasion à saisir  pour les ressources-client qui souhaitent faire ressortir les luttes intestines entre leurs services. Vous n’avez jamais travaillé avec le public ?</p>
<p>Je repense à ce merveilleux projet où la DSI d’une municipalité mettait un point d’honneur à ne pas valider le contenu souhaité par le service communication, et où le service communication aurait préféré brûler la ville plutôt que de valider des compositions commanditées par la DSI. Ceux qui au final subissent les dommages collatéraux dans ce genre de situation, ce sont les prestataires externes. Ici vos compos ne seront peut être jamais validées, mais je vous rassure, vous n’y êtes pour rien.</p>
<h3>9. Les besoins du client ont changés</h3>
<p>Bon, là, les compositions ne seront logiquement pas validées. Les besoins du client ont évolué alors que simultanément, la conception des compositions graphiques était entamée et n’a pas été stoppée. Le client expose ses  nouveaux besoins, ils rendent obsolètes les compositions en cours de validation. Dans ce cas la responsabilité du designer n’est pas engagée.</p>
<p>J’invite les créatifs à bien déceler cette situation, car certains clients préfèrent invoquer ici d’éventuelles fautes commises par le designer pour faire retoucher gratuitement les livrables en tentant d’y intégrer les modifications dont ils ont besoin. Bienvenue dans le royaume de la mauvaise foi. On est là dans une négociation fonctionnelle et budgétaire qui ne regarde pas forcement les graphistes. Ce genre de situation relève de la gestion de projet, pas du design.</p>
<h2>Déculpabilisons les créatifs !</h2>
<p>Le processus créatif sollicite les émotions, c’est un engagement éprouvant, on teste de multiples solutions visuelles, on calibre au pixel prêt, on passe des heures, voire des jours sur une composition graphique. L’investissement n’est plus personnel, il est viscéral.</p>
<p>Le drame des designers, c’est que leur travail est évalué en 1 seconde par la subjectivité du client. Je force un peu la caricature, mais l’idée est là.</p>
<p>Aussi, parce que l’investissement émotionnel est omniprésent chez les créatifs, et bien que ce soit inapproprié, il est difficile pour eux de faire la part des choses entre une critique conditionnelle ou inconditionnelle (adressée à leur travail ou à leur personne).</p>
<p>Alors s’il faut les déculpabiliser un peu, j’invite les designers à relire cet article de temps en temps. Si vous êtes vous même designer, soyez assuré que votre responsabilité n’est que rarement engagée quand l’une de vos compositions n’est pas validée… si si, relisez la liste ci-dessus pour vous en convaincre !</p>
<p>Et vous, comment réagissez-vous face au rejet de vos compositions graphiques ?</p>


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		<title>Présenter un visuel en cours de réalisation (1)</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Aug 2009 22:39:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent DEMONTIERS</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_340"  class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-340" title="Alors?" src="http://demontiers.com/wp-content/uploads/2009/09/alors.jpg" alt="alors" width="438" height="210" /><p class="wp-caption-text">Faut-il présenter un visuel en cours de réalisation? </p></div>
<p>En règle général, les designers ne présentent des propositions graphiques que si elles sont « présentables », c’est à dire abouties dans leur forme, et répondant aux exigences du message à transmettre validé en amont. C’est la procédure traditionnelle. Cependant…</p>
<p>… il peut arriver, lors d’une mission que le designer ait à présenter un travail en cours de réalisation. Cette situation existe, généralement à la demande de l’annonceur. Elle est la conséquence de facteurs variés :</p>
<ul>
<li>L’annonceur souhaite contrôler l’avancée du travail des créatifs.</li>
<li> Le designer travaille en régie chez l’annonceur, sans avoir la possibilité de garder son travail confidentiel.</li>
<li> Une mauvaise gestion du projet impose de casser le rythme séquentiel du processus de production, et une partie du design doit être livrée prématurément pour commencer l’intégration d’un secteur du site.</li>
<li> Le designer est en retard dans la livraison de ses productions.</li>
</ul>
<p>La liste est, bien sûr, non exhaustive.</p>
<p>Disons-le clairement, et tout de suite, il n’est pas souhaitable de présenter un visuel inachevé au client, et il faut tout faire pour éviter cette situation.</p>
<p>La présentation du design est déjà une phase délicate dans la relation prestataire/annonceur. Le fait de présenter des visuels inaboutis peut avoir des conséquences dramatiques sur l’avancée du projet et dégrader significativement les relations entre les deux parties. C’est pourquoi il convient de tout faire pour garder les productions visuelles confidentielles tant que celles-ci ne sont pas abouties. L’argumentation s’articule autour des trois principaux risques induits par la situation :</p>
<h2>Risque 1 : Quiproquo sur l’objectif de la réunion.</h2>
<p>Avant de montrer des visuels inachevés à l’annonceur, il faut s’assurer pas qu’il y ait de quiproquos ou d’ambiguïté sur l’objet de cette présentation :</p>
<p>Tout d’abord, ce que l’annonceur va découvrir ne constitue pas des propositions visuelles, ce sont des tests, des recherches, des pistes exploratoires. Quel que soit le degré d’avancement de ces pistes, rien ne garantit qu’elles seront ensuite exploitées. Elles peuvent être abandonnées à tout moment.</p>
<p>Ensuite, comme les visuels dévoilés peuvent ne pas être adaptés au contexte du projet, les gens qui assistent à la présentation doivent comprendre qu’il ne leur sera pas possible d’évaluer l’univers en construction sur des données visuelles. Seul le discours du designer pourra les éclairer sur le devenir de ces compositions. Les visuels ne seront pas l’objet de la présentation, ils seront des supports pour que le designer puisse exprimer oralement le concept créatif naissant. Il leur faudra donc faire abstraction des visuels présentés. Rares sont les gens qui, sans être habitués à cette démarche intellectuelle y arrivent instinctivement. Il faut le souligner.</p>
<p>Enfin, cette réunion ne doit pas être abordée comme une réunion de présentation de visuels, mais comme un point de contrôle sur l’avancée du processus créatif.</p>
<h2>Risque 2 : Atteinte à l’intégrité du projet.</h2>
<p>Les visuels présentés ne sont pas aboutis. Naturellement les gens présents lors de la réunion auront tendance, à focaliser leur attention sur les bribes d’éléments en cours de conception, et demander des modifications sur ces éléments. Mais toutes ces interventions peuvent être déconnectées du projet, parce que les visuels présentés, eux-mêmes peuvent l’être. Ainsi, toutes les remarques émises lors de la réunion, impliquant des demandes de modifications, risquent de sortir le projet de son cadre initial. Dans le meilleur des cas, c’est une perte de temps que de faire des modifications sur des pistes qui sont amenées à être abandonnées par la suite. Dans le pire des cas, l’annonceur maintient ses demandes de modifications pour tenter de rendre conforme au projet une piste graphique qui aurait due être abandonnée. Dans ce cas, c’est toute la qualité générale du projet qui en pâtira.</p>
<h2>Risque 3 : Dégradation de la relation prestataire/annonceur</h2>
<p>En découvrant des pistes visuelles, le premier réflexe, bien humain, de l’annonceur sera de chercher à se projeter dans cette bribe d’univers graphique. Si les éléments présentés ne lui permettent pas cette démarche, ou pire, s’ils ne permettent pas de faire le lien entre elles et les recommandations stratégiques validées en amont, la situation engendrera forcement de la déception, et de la frustration chez l’annonceur.<br />
Pour le designer, il est difficile de justifier un travail inachevé. La situation est même parfois discréditante. Bref, cette situation est aussi stressante pour l’annonceur que pour le designer. Sachons nous en préserver.</p>
<p>Pour compléter ce billet, je reviendrai sur le sujet la semaine prochaine, et j’évoquerai une approche possible pour présenter des visuels inachevés au client (méthodes, supports, attitude…).</p>
<p>A suivre …</p>


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